On
a pu voir de Mike Bouchet au Palais de Tokyo ou sur nos stands
les Jacuzzis ou les
Posters Paintings. Comme pour déjouer le spectateur, l’artiste
présente pour sa première exposition à la galerie,
une installation au premier abord très minimale constituée
d’une vidéo et d’un livre démesurément
grand. Ce dernier, de plus de 30 000 pages et dont la trame mesure
plus de deux mètres de large, n’est autre que la liste
quasi complète de toutes les villes, villages et lieux d’habitation
dans le monde. Comme un générique de fin sans fin, la
vidéo de plus de 500 heures, est l’énumération
de cette liste de noms.
«Le pouvoir de n’importe quelle oeuvre burlesque tient
dans sa capacité à déconcerter son public et à interrompre
l’élan inévitable des habitudes et des espérances.
Aux sources de la comédie, à l’endroit même
où se situe le travail de Mike Bouchet, on ne retrouve ni
la notion de divertissement, ni une tentative frivole d’échapper à la
réalité. C’est au contraire un écho perturbateur,
reflétant moins sa propre absurdité que celle de son
environnement. Cependant, l’humour peut aussi exprimer quelque
chose d’autre, quelque chose comme la vitalité réprimée
qui habite même la plus oppressante des réalités, à la
manière d’un éclat de rire brusque. C’est à cette
fin que Bouchet s’approprie et change les règles, les
projetant au travers de la lentille déformante de la comédie
afin de mettre à jour des vérités cachées
par «la magie putride» et de révéler de
nouvelles formes d’échanges entre l’artiste, l’oeuvre
et le spectateur.»
(Julien Bismuth, «Mike Bouchet: Celebrity Artist»,
2005)
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