Alain Le Gaillard et Olivier Robert
présentent
la première exposition personnelle de Elodie Lesourd.
La rencontre avec le travail d’Elodie Lesourd s’est faite
lors de l’exposition ‘’ j’en rêve‘’ à la
fondation Cartier. Elle y présentait une grande peinture hyperréaliste
où l’on voyait une scène, probablement après
un concert.
Au-delà de la parfaite réalisation, et de la fascination
pour cette peinture mystérieuse à l’aspect indéniablement
esthétique, un mécanisme mnémonique se produisait
chez le spectateur car cette image avait un goût de déjà vu
(ou pas, car au-delà de la lecture ‘’happy few’’ de
l’amateur d’art contemporain, la peinture se suffisait à elle-même).
Le cartel de la pièce dévoilait la manipulation, le
système et les mécanismes de la création de
la peinture ;
« I wanna be your god »
(courtesy C. Lévêque)
Cette série de peintures dites « hyperrockalistes »,
qui a pour principe la transposition en peinture d’installations
d’artistes empreints de la culture Rock, est motivée
par une recherche du sujet rock dans l’art, ce qui permet à l’artiste
de construire une double analyse. « L’hyperrockalisme » est
la rencontre entre le rock et l’hyperréalisme, la culture
populaire et l’Art.
Art de la citation, du détournement, de l’appropriation
?
Le travail d’Elodie Lesourd est complexe en ce sens où il
permet à la fois l’établissement d’un schéma
conceptuel, mais il prône également l’implication
de soi dans la réalisation parfois démesurée
de la peinture à main levée, revendiquant une posture
rock et DIY (Do It Yourself - pas de mise au carreau ni de retro
projection).
Entre approche conceptuelle et célébration de l’acte
pictural, cette démarche de ré-appropriation conduit,
aux détours d’un positionnement critique, à une
réflexion de l’art sur l’art :
‘’
Ré exposer les œuvres participe d’un geste de ré appropriation évident
qui pose la question de la signature où les œuvres qui
sont rejouées se voient dépossédées mais
néanmoins louées’’.
Prête à jouer de toutes les manipulations, Elodie Lesourd
a conçu son exposition au MAC VAL (quasiment aux même
dates que la galerie – "Obituary", 02 février
au 29 avril, vernissage le 8 février) et celle à la
galerie en les accordant l’une à l’autre, forçant
les accords, dans un dédale de références, sur
le même mode tautologique, convoquant sur le même autel
l’inénarrable mort du Rock et la non moins récurrente
mort de la peinture.
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