"Olivier Alibert compose, avec le vide de
l’espace et le blanc de la toile, des œuvres en tensions,
entre opacité et transparence. Dans ses peintures, comme dans
ses installations, d’intenses respirations sont ménagées
au regard et au corps pour une traversée sans filet parmi
de singuliers jalons. À mi-chemin entre imagerie et graphie,
ceux-ci ponctuent, de leur présence vaporeuse et teintée,
l’étendue en deux ou trois dimensions.
Ces repères colorés apparaissent comme des signes
qui semblent émerger mystérieusement et passer dans
le champ de la vision sans véritablement s’y installer.
Leur éclatement par touches et la variété de
leurs colorations évoquent une constellation de formes identiques à celles
qui envahissent la surface de l’œil après une trop
grande exposition à la lumière. Tout comme ces entités
cellulaires se superposent à notre vision sans y faire écran,
les éléments mis en place dans cette œuvre s’inscrivent
dans un cadre sans jamais l’obstruer. Ils en révèlent
au contraire la substance, lui confèrent une densité magnétique,
et rendent ténébreuse la clarté des surfaces
et des volumes. Les supports utilisés - la toile blanche pour
les peintures, les murs, le sol ou le plafond pour les installations
- font toujours partie intégrante de l’œuvre. Ils
constituent à la fois une base et un élément à part
entière pour chacune de ses compositions. À chaque étape
constitutive, ce n’est pas seulement le paysage spatial ou
pictural qui change, mais aussi la nature de ces plages vierges qui
progressivement se peuplent et se matérialisent.
C’est un aplat qui devient profond, un vide qui se fait atmosphère,
un champ qui se délimite".
Olivier Alibert ou la clarté ténébreuse, Texte
de Célia Charvet
L'exposition d'Olivier Alibert fait suite à la résidence
qu'il a effectué à L'H du Siège de septembre à décembre
2006.
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