Singulière et inclassable depuis les années 1960,
la peinture de Ed Ruscha, volontairement plate, dénuée
d'effets de matière, fait l'objet depuis une quarantaine d'années
d'une reconnaissance internationale.
D'abord nourrie du graphisme et de la standardisation des images,
elle joue avec les images et les mots. La photographie a été très
tôt pour cet artiste l'outil idéal pour sélectionner
ses sujets : "Voir les choses photographiquement a influencé ma
manière de penser et de voir". Ce médium constitue également
une sorte de modèle pour la facture anonyme des surfaces de
ses tableaux et les opérations qui les composent, des cadrages
aux changements d'échelle en passant par les jeux de définition.
Enfin Ruscha l'utilise directement pour établir sur un mode
quasi-documentaire des relevés thématiques et séquentiels,
agencés par la suite en livres, réalisés entre
1963 et 1978, dont de nombreux artistes revendiqueront l'influence.
Commissaire de l'exposition, Margit Rowell.