Les trois expositions seront autant de tentatives
de dresser le portrait de la Baronne de Mira Phalaina, une femme
baroque, quelque
peu rococo et un peu braque. La brève description donnée
par ce titre (provisoire) défini un personnage à travers
un caractère légèrement excessif, frôlant
la caricature et l’autodérision. Transposé dans
le format d’une exposition d’art, l’aspect baroque
des procédés artistiques déployés pour
définir en creux la baronne est-il plus proche de la définition
que donne Borgès de ce mot dans L’Histoire de l’infamie
que d’une esthétique précise ? Il écrit
: « J’appellerais baroque le style qui épuise
délibérément (ou tente d’épuiser)
toutes ses possibilités, et qui frôle sa propre caricature
(…) l’étape finale de tout art lorsqu’il
exhibe et dilapide ses moyens. ». Ainsi les trois expositions
forceront quelque peu les traits de la baronne car elle ne craint
pas d’être paroxysmique, voire lunatique ni de livrer
généreusement ses secrets de fabrique. Elle n’est
pas monarque. Elle est simplement baronne des trois expositions comme
on est baron de la finance. Il s’agit d’un titre à la
fois révérencieux et désuet pour désigner
un personnage inaccessible et quelque peu suranné.
En même temps que le dernier portrait, une nouvelle version
de la biennale « Art Grandeur Nature » en Seine-Saint-Denis
sera l’occasion de revisiter cette relation à des procédés
artistiques baroques dans l’espace public. À l’air
libre, les œuvres pourront amplifier et manifester avec faste
leurs moyens de production, tout en s’inscrivant physiquement
ou techniquement en relation avec des industries locales.
Émilie Renard