"Ann
lee introduction",
2000
Huyghe et Parreno ont fait l'acquisition des droits
et de la licence d'un personnage de manga auprès d'une société japonaise.
Annlee n'était pas pourtant programmée pour un destin
héroïque. Elle n'aurait dû que passer, périr
rapidement, voire meubler une scène. Les artistes ont inversé le
processus en lui donnant le premier rôle d'une production où Annlee,
comme libérée, interprète son propre rôle.
"
Ann Lee in Anzen Zone", 2000
Durée : 3'25''
Cette œuvre s’inscrit dans un processus à la fois
individuel et collectif, un peu à la manière d’un
cadavre exquis. Plusieurs artistes de différentes nationalités
redonnent vie à un personnage de manga japonais, Ann Lee,
dont ils ont acquis les droits pour la "sauver" de son
destin médiocre de figurante victime. Partant du personnage,
chaque artiste élabore son propre scénario. Ici, Ann
Lee offre un double message sur la précarité de sa
condition d’être virtuel et l’absence de zone de
sécurité. Message critique et sensible qui interroge
autant l’état du monde que le statut de l’œuvre
d’art, sinon de l’image. Par ailleurs, l’animation
graphique 3 D exploite un champ nouveau et riche de possibilités
pour les artistes actuels.
Comme Pierre Huyghe et Philippe Parreno (qui sont à l’origine
du projet Ann Lee présenté à l’ouverture
des Abattoirs), Dominique Gonzalez-Foerster appartient à la
jeune génération d’artistes français apparue
au début des années 90 ayant une véritable audience
internationale. Sa version de Ann Lee vient compléter les
deux premières versions de Huyghe et Parreno. Cette complémentarité offre
l’un des développements les plus récents et novateurs
en matière d’art et de technologie vidéographique
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