Carnet et crayon en mains, David
Tremlett parcourt le monde et consigne les manifestations de la
nature, du paysage,
les formes de l’architecture : « le fugitif, l’immatériel,
le presque rien ».
Signes, événements, sons, couleurs sont réinvestis
de retour à l’atelier dans des œuvres sur papier,
parfois de très grand format. Ils constituent aussi la matière
d’un dialogue avec l’architecture d’un lieu pour
la création de wall drawings (dessins muraux au pastel). Tel
fut le cas en 1993, où invité par le Frac Picardie
pour une exposition, David Tremlett réalise un dessin monumental
dont la source est le relevé de plans exécutés
sommairement quelques années plus tôt en Tanzanie, dans
les ruines d’habitations construites en bord de mer. Aux côtés
de la maquette de cette œuvre acquise par le Frac Picardie,
les pages originales du livre d’artiste édité la
même année – Abandoned Drawings - proposent un
autre espace, une autre temporalité à ces formes singulières
sans échelle dont quelques photographies du site arpenté évoquent
les origines : squelette minéral sans portes, ni fenêtres,
ni toiture.
Au Lycée Jean Calvin, deux autres œuvres des années
80 attestent du refus de l’artiste pour le pittoresque et de
son attachement à l’autonomie des formes vis-à-vis
du réel. Triptyque à échelle humaine ou dessin
pour une couverture de livre, chacun des signes mis en couleur ponctue
l’espace de la feuille, rythme une nouvelle architecture qui
nous fait face.
|