L'exposition
rassemble des oeuvres, des films et des documents de ces trente
dernières années. Ils ont en commun la question
du cinéma (sa technologie, ses
modes de production et de diffusion, son « univers »)
et une géographie, Grenoble et
sa région. À
la fin des années soixante et au début des années
soixante-dix, Grenoble, et en particulier son
quartier de la Villeneuve, est une vitrine reconnue de l'expérimentation
sociale dont la production d'images filmées est l'un
des champs d'application. Jean-Pierre Beauviala soucieux de
démocratiser les modes et
les conditions de la production cinématographique dans le même temps qu'il s'engage
dans une esthétique du réel, crée les optiques
et caméras de la Nouvelle Vague. Jean-Luc Godard habitant
de la Villeneuve et complice de Beauviala, tourne Numéro 2 dans
son appartement.
Critiques à l'égard des économies et des esthétiques
du cinéma industriel, des acteurs locaux créent
le Vidéogazette (1972-1976) qui peut être considéré comme
l'une des toutes premières télévisions de
proximité alors que d'autres, plus tard, s'engagent dans le
cinéma expérimental (MTK).
Une quinzaine d'années plus tard, des jeunes artistes
formés à l'école d'art autour de personnalités
comme Ange Leccia, Jean-Luc Vilmouth ou Georges Rey, s'emparent
de
la question du cinéma qu'ils font glisser
dans le champ de l'art, et y interrogent par exemple les modes
de production en multipliant les collaborations
et les oeuvres collectives.
Ce « particularisme » est aujourd'hui un trait caractéristique
du fonctionnement de la scène contemporaine
: par exemple, le projet Ann Lee est construit à partir
de l'image d'un personnage de bande dessinée
dont les droits d'utilisation ont été acquis
par les initiateurs. Chaque artiste invité crée
un film qui s'ajoute à ceux existants.
Un programme de films proposés par Michel
Warren, directeur de la Cinémathèque de Grenoble sera
projeté le dimanche à 16h30 dans l'auditorium du MAGASIN.
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