La
vidéo est un moyen de croiser l'art
et la vie que Noël Dolla a déjà fréquemment
expérimenté et ce, depuis de nombreuses années,
notamment au gré de ses voyages.
De retour d'Afrique, il a réalisé une vidéo intitulée
Tropicana Hôtel, montrée à Paris en octobre dernier.
L'artiste faisant allègrement des va-et-vient dans sa propre
démarche, le projet s'est depuis, un peu complexifié et
Noël Dolla montrera au Dojo une installation vidéo. Reprenant
et confrontant cette dernière œuvre à Love song,
une vidéo datée 1972/1976, il composera un décor
typiquement africain, et présentera aussi des photographies
issues de la série Vir heroïcus sublimis Findus (1998/1999).
Interpénétration des mondes, et des mondes de l'artiste,
cette installation-vidéo donnera à voir des moments de
beauté pure tout en questionnant son rapport à l'art.
”Dolla ne s’est jamais longtemps tenu à une
manière de peindre et, plus généralement, aux
pratiques
artistiques, comme on disait au temps militants de ses débuts.
Le chaud-froid, la relance par déplacement, le détour
biographique, l’écart saugrenu, le clivage en abîme,
le retour subreptice sont chez lui des
procédés constants. Mais ce qui aurait pu s’avérer
le handicap d’une instabilité et d’une dispersion
est curieusement devenu le moteur et l’objet de son travail – du
travail même de son œuvre, déployée et conduite
depuis 1986, selon sept ensembles distincts, si nettement différenciés
qu’ils peuvent semble issus des mains d’artistes aux
esthétiques antagonistes ou du moins incompatibles. Ce n’est
bien sûr qu’un faux-semblant où ne se dupent que
les regards distraits, tant sont décelables la contagion et
les connivences au sein de cette diversité intentionnelle”.
Christian Bernard, Extrait
de Noël Dolla, Villa Arson, Nice,
1990 |