La première édition de Revolt,
She said ! fut initiée en 2004 par la commissaire d’exposition
Donatella Bernardi et l’artiste danoise Kirsten Dufour, à l’espace
d’art contemporain Forde à Genève.
Elles souhaitaient dresser une carte des pratiques artistiques féministes
et lesbiennes depuis la création du Mouvement de Libération
des Femmes en 1970.
Revolt, She said ! à la criée centre d’art contemporain
a pour même ambition de rendre visible ces pratiques
artistiques contemporaines au regard de contributions théoriques,
historiques et militantes. De Simone de Beauvoir à l’activisme
Queer1, le projet interroge la place des femmes et des lesbiennes
dans l’institution artistique et dans l’histoire
de l’art.
Des affiches militantes présentées dans un café MLF,
proposé à l’occasion de l’exposition, rendent
compte des luttes des mouvements féministes et lesbiens, des
années 1970 à nos jours. Ce café MLF
s’enrichit également
d’un fonds documentaire constitué d’ouvrages
et de revues disponibles à la consultation, accompagnant
la série d’entretiens d’artistes
et de féministes internationales filmées par
Kirsten Dufour.
Dafne Boggeri est une jeune artiste italienne, plasticienne, graphiste
et vidéaste, active dans la scène féministe
et Queer. Inspirée par la culture
Drag King2 et transgenre3, elle met en scène et interprète les pratiques de détournement des codes identitaires
par la communauté Queer.
Béatrice Cussol, plasticienne, vidéaste et écrivaine,
produit pour l’exposition un environnement constitué de
vidéos et d’une peinture murale représentant
des saynètes de corps féminins hyper sexués.
Hee décrypte les formes symboliques et le langage utilisés
pour déterminer les rôles masculin/
féminin dans la culture contemporaine occidentale.
Sarah Lucas recycle les objets les plus triviaux et les plus usuels
pour produire des représentations du corps féminin
perçu comme objet. Elle met en avant
les mécanismes qui entrent en jeu dans les relations
hommes/femmes.
Tom de Pékin, graphiste, réalisateur et activiste Queer,
met en exergue l’assignation de genre qui conditionne
les différents aspects de la vie sociale (le
sport, la politique, etc.), et en détourne les codes
visuels d’une manière érotico-ludique.
Dana Wyse procède à une critique de la culture de masse
hétérosexuelle, machiste, blanche et catholique
par détournement de supports publicitaires à travers
les publications House Wife et ses pilules qui promettent
d’accéder de manière instantanée
au bonheur et à la normalité.
L’exposition présente également une programmation
vidéo regroupant les travaux de Anna Margarita Albelo,
Pauline Boudry et Renate Lorenz, Laura Cottingham, Emilie Jouvet, Carole
Roussopoulos et Delphine Seyrig, Sara S’Jegers, qui témoignent
de la diversité des pratiques et stratégies
féministes pour détourner les codes
de la pornographie ou ceux de la culture machiste et de l’hétéronormativité.
Par ailleurs, plusieurs rencontres autour de la création féministe
auront lieu en écho à l’exposition, dans
le café MLF et en dehors de la criée.
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