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René Daniëls
Expositions > Arts plastiques
du 28/01/2006 au 02/04/2006

 

En 1976, René Daniëls achève ses études à l’Académie royale des beaux-arts de Bois-le-Duc. Puis dix ans lui suffiront pour s’imposer comme l’un des plus grands peintres des Pays-Bas — nation qui, comme on sait, en produisit beaucoup et des plus fameux. En 1987, en effet, une congestion cérébrale, dont il n’est toujours pas remis, met un terme à sa carrière d’artiste.

Le tournant des années 70et 80 est marqué par un temporaire retour en vogue de la peinture figurative (post-expressionniste) en Europe et aux Etats-Unis. En Allemagne la compétition est ouverte entre deux générations, celle des Kiefer, Lüpertz, Baselitz, Penck… et celle des Nouveaux Fauves (Neuen Wilden). L’Italie, elle, accouche de la Transavantguardia. Et la France, de la Figuration Libre. Aux États-Unis, c’est l’intermède de la Bad Painting.
Dans le contexte de cette postmodernité euphorisée par le marché (car la peinture se vend toujours mieux et plus chère, et ses formats vont alors croissant), l’œuvre de Daniëls affiche la différence par ses références explicites à Baudelaire (La Muse Vénale) et Apollinaire, mais aussi par les flèches qu’il envoie contre la tendance (certains penseront : contre son camp), dont il se démarque en collectionnant les titres empreints de dérision comme Academie, 1982, L’esprit des temps dans l’art occidental, tel que vu à la Documenta, 1982, The Most Contemporary Picture Show, 1983, Palais des Boosaards, 1983, etc.


En 1984, Daniëls trouve un motif, qu’il reproduit dès lors avec insistance. On reconnaît sans peine dans ce motif la vue simplifiée d’une salle d’exposition, réduite à deux ou trois pans de murs convergeant ornés de tableaux monochromes approximatifs, dont certains prennent la forme de… trous de serrure ! De nombreuses variations seront peintes sur cette trame. Les unes très épurées, les autres chargées de détails qui viennent surligner ou contrarier le schéma initial. Sans s’affranchir complètement de la figuration, Daniëls pose dans ce motif, qui rappelle le Segno Arte, inlassablement repris par Pistoletto depuis 1976, le point de départ d’une expérience où recherche plastique et interrogation sur le statut de l’œuvre d’art jouent au coude à coude. Des tableaux somptueux seront ainsi produits, tandis que Daniëls se moque de leur destin d’objet de consommation autant que de sa carrière d’artiste européen nanti de la consécration américaine. (Le motif répété évoque aussi la forme d’un nœud papillon. De là à suggérer que tout succès tend vers le succès mondain, voire la collaboration… à l’instar du destin de son très endurant compatriote Van Dongen, fauve fulgurant au début du siècle, puis portraitiste de célébrités.)
Motif et signature se confondent ainsi jusqu’en 1986-87, où l’artiste entreprend une nouvelle série de tableaux, les Lentebloesem [Floraison de printemps], qui se présentent comme des arbres généalogiques, et sur lesquels peuvent être lus les titres de tableaux antérieurs, des réflexions personnelles et des références à des lieux ou des artistes qui ont marqué Daniëls. Ultime retour sur lui-même, c’est ici que l’œuvre s’accomplit. La série ne compte que six tableaux, dispersés aujourd’hui, mais que nous nous efforçons
de réunir à Kerguéhennec.

Près de vingt ans après, dans un contexte qui peut rappeler celui du début des années 80, mais où la peinture figurative (entre-temps disparue et réapparue) se veut plus savante, l’œuvre de René Daniëls, que beaucoup de jeunes artistes ne connaissent pas, est d’une brûlante actualité, et on peut comparer sa persistance à l’effet pénétrant qui a permis à l’art conceptuel d’exercer une si puissante influence, à vingt ans d’écart, sur les artistes de la génération des années 90.

René Daniëls vit à Eindhoven, où il est né en 1950, et où son fonds d’atelier, administré par la Fondation qui porte son nom, est déposé au Van Abbemuseum. Dans un ensemble de dessins conservés sur place Daniëls fait un étrange parallèle entre les villes d’Amsterdam et d’Eindhoven. En raccourcissant leurs deux noms, celles-ci deviennent A…dam et E…ven.

Frédéric Paul.


Opération menée avec l’aide du Van Abbemuseum d’Eindhoven,
de la Fondation René Daniëls et le soutien financier de la Fondation Mondrian.

 
adresse :

Domaine de Kerguéhennec, centre d'art contemporain, centre culturel de rencontre
Bignan
56500 Bignan
Téléphone: 02 97 60 44 44
Télécopie: 02 97 60 44 00
Courriel: info@art-kerguehennec.com
 

Site internet:

http://www.art-kerguehennec.com

 
 
 
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