Pour tenter de cerner la complexité du
réel, Philippe Cazal détourne les codes et objectifs
avoués ou cachés du marketing et de la publicité.
Les médias sont ses sources d’inspiration. Au mot ordre,
il préfère les mots en désordre : untitled,
untilted, tilt, united… En transformant sa signature en logo,
il est devenu dès 1985 une image de marque. Son travail pose
la question de l’art et du rôle de l’artiste : être
artiste pourquoi ? pour quoi faire dans un monde où la communication
est essentiellement au service du marché, où le vide
qui sommeille (vide social, politique, esthétique...) entre
toutes les couches d’images, d’informations, rend l’accès
au sens difficile voire inutile ? "Nous avons tous vue sur les
mêmes choses, explique Cazal, mais nous ne voyons pas les mêmes
choses. Beaucoup de choses dépendent de la disponibilité qu’on
leur accorde : disponibilité aux couleurs, formes, bruits,
odeurs, etc. Cet ensemble constitue l’espace collectif. Il
est partagé par tous, parce qu’il envahit l’espace
urbain, mais c’est sans partage, car cette situation n’amène
pas forcément une communication en relation directe avec l’autre."
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