Sean
Scully, Une rétrospective
Le Musée d’Art Moderne accueille une rétrospective consacrée à
Sean Scully, peintre né en Irlande en 1945 et aturalisé
américain en 1981. Avec plus d’une centaine de peintures,
dessins, pastels et photographies, l’exposition retrace 30 ans
de carrière de celui qui a su allier l’abstraction à la
grande
tradition picturale.
D’origine modeste, il est étudiant au début des années
70 à l’Université de Newcastle avant de découvrir,
grâce à une
bourse, les Etats-Unis et le minimalisme. Il travaille alors dans
la veine de l’abstraction géométrique avec pourtant déjà un
style qui lui est propre, des couleurs vives, une géométrie
stricte. Au milieu des années 1970, considérant que cette voie
l’éloigne peu à peu des gens et de la vie, il réduit
considérablement l’énergie chromatique de sa palette avec
des
couleurs plus sourdes cherchant à atténuer l’aspect décoratif
de
ses premières oeuvres. Il se concentre alors sur la forme, et au
début des années 1980, opère un véritable changement
de
stratégie : il désorganise la surface picturale, fait apparaître
la texture, les traits de pinceaux, les creux
et introduit une palette de couleurs à dominante de tons gris, ocres
et bruns. Son oeuvre convie à la
méditation et le langage géométrique devient porteur d’une émotion.
Ainsi, pour le critique d’art
Donald Kuspit, Sean Scully « restitue une dimension poétique à l’abstraction
géométrique ».
Parallèlement à ses peintures, l’artiste réalise
des aquarelles et des photographies représentant
essentiellement des murs de pierre dont l’agencement, la forme, la couleur
et la texture nourrissent
son travail. Cependant l’artiste lui-même insiste sur l’aspect émotionnel
de ses oeuvres qui ne se limite
pas à un simple agencement d’aplats colorés : « J’ai
essayé de créer une nouvelle forme
d’émotionnalité dans la peinture abstraite, de faire des
découvertes ou d’essayer de nouveaux
procédés. J’ai tenté de combiner l’objectif
et le subjectif, le rationnel avec l’émotionnel »
L’exposition s’est tenue à la Fondation Joan Mirò de
Barcelone au cours de l’été 2007, avant d’être
présentée au printemps 2008 au MACRO à Rome.
Catalogue disponible, Sean Scully, une rétrospective, éd. Thames & Hudson,
2007.
Parallèlement à cette rétrospective, le Musée d’Art
Moderne présente trois expositions de jeunes
artistes français et italiens : Françoise Pétrovitch,
Francesco Gennari et Paolo Grassino.
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