L'artiste britannique, Mark Wallinger,
nouveau lauréat du Turner Prize, installe au mac/val l'oeuvre sensation "State
Britain". Avec cette installation monumentale (de près
de 40 mètres), fidèle reconstitution du baraquement
de l'activiste pacifiste Brian Haw, l'artiste s'invite dans les grands
débats politiques de nos sociétés, en proposant
d'interroger les formes de protestations. Exposée à la
Tate Britain pendant l'année 2007, elle est exceptionnellement
accueillie en France par le musée d'art contemporain du Val-de-Marne,
du 29 février au 22 juin 2008.
En invitant Mark Wallinger à montrer l'une de ses oeuvres
les plus emblématiques, dénonçant les ravages
de la guerre en Irak, le mac/val poursuit l'une de ses ambitions
: ouvrir l'espace muséal au débat, rendre compte de
l'actualité de la scène artistique internationale pour
créer des résonances avec les oeuvres de la collection.
Déjà présent avec l'oeuvre Time and Relative
Dimensions In Space, au sein de l'exposition collective, " Stardust
ou la dernière frontière " (5 octobre 2007 - 3
février 2008), l'artiste investit cette fois, l'entière
nef du musée avec "State Britain", inédite
en France.
"State Britain" reconstitue le campement
de Brian Haw, infatigable militant activiste anti-guerre. Pendant
cinq années, celui-ci a accumulé banderoles, drapeaux,
messages, citations, images, coupures de journaux, face au parlement
britannique, pour dénoncer les sanctions économiques
prises à l'encontre de l'Irak, puis de l'engagement du Royaume-Uni
dans la guerre.
En 2005, suite à l'adoption d'un nouveau dispositif législatif
visant à interdire ce type de manifestation publique à proximité des
lieux de pouvoir, les forces de police démantèlent le
campement. Mark Wallinger, témoin de la polémique, reconstitue
l'intégralité de ce dernier à la Tate Britain. L'artiste
crée la réplique exacte
de tous les documents accumulés par Brian Haw, à partir
de photographies qu'il a prises et prend ainsi le relais dans la
controverse. En investissant la prestigieuse institution muséale,
Mark Wallinger déplace le centre du débat et, grâce à la
puissance du geste artistique, interroge notamment le pouvoir que
porte en germe l'acte de résistance ou la perte des libertés
individuelles... Son geste subversif lui permet d'interroger le rôle
de l'artiste au sens politique, ou encore le statut de l'oeuvre d'art.
A l'instar de Rikrit Tiravanija qui
avait pu recréer
la "Peace Tower" de Mark di Suvero de 1965, Wallinger s'inscrit
dans une lignée d'artistes prenant part au débat que
suscite l'art politique. Quelle incidence le contexte politique peut-il
avoir sur la production artistique? L'originalité de l'intervention
de Mark Wallinger avec son installation "State Britain" est
de faire référence à la situation politique
sans pour autant restreindre la portée universelle de son
acte de résistance. L'invitation du mac/val permet en outre
de donner à l'oeuvre une nouvelle résonance dans un
autre contexte politique.
State Britain figure parmi les oeuvres les plus engagées
de Mark Wallinger, associé à la génération
des Young British Artists sans toutefois s'y identifier pleinement. Il
expose son travail à partir du milieu des années
1980 avant d'être choisi pour représenter la Grande-Bretagne à la
Biennale de Venise de 2001. Son oeuvre prolifique - mélangeant
peintures, installations, vidéos, happenings... - résiste
aux catégories établies. Mark Wallinger dénonce
de grands faits de société, comme la guerre, le nationalisme,
le racisme...
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