Christophe
Brunnquell est un artiste multi cartes intervenant aussi bien dans
le magazinat, le conseil artistique, la photographie ou la mode.
Il assure la direction artistique de Purple Fashion depuis sa création
et est associé ponctuellement à celle de Purple Journal.
Il a travaillé avec Étienne Daho, David Hamilton, le
couturier japonnais Zucca. Pour l’exposition J’adore Poitiers,
il déploie un ensemble d’images autour de l’énoncé de
Cindy Sherman That’s Me. Tentative d’habiter des images
monstrueuses qui mêlent naïveté et perversion, autoportraits
et freaks rigolards. Il envisage l’exposition à la fois
comme une extension de l’atelier et un livre d’images en
construction. Une autobiographie distanciée apparaît en
filigrane de cette oeuvre protéiforme. Multitude d’autoportraits
de l’artiste enfant soumis à différents effets
de distorsions, de recadrage, de vieillissement ; séries érotiques
faussement mièvres ou malicieusement explicites ; son nom, sa
signature en toute lettre glissent du motif vers le logo ou la marque
générique.
Cet agrégat nous renvoie de manière universelle du
premier âge où « chacun se construit »,
et à cette vaine tentative de compréhension de la nature
humaine, à la représentation d’un Homme générique
forcément monstrueux. Des petites médailles religieuses
gravées à l’effigie de Marie deviennent motif
de décoration aux murs. Femme, vierge et mère de nos
imaginaires occidentaux sont détournées par Christophe
Brunnquell, en clin d’oeil au prénom d’un amour
de toute prime jeunesse, rencontré à Poitiers. Sérigraphies,
dessins sur papier soigneusement encadrés, tirages argentiques,
posters collés à même les murs et courts films
d’animation font écho à un fanzine imprimé pour
l’exposition et compilent un ensemble d’(auto)portraits
posés au sol. L’espace d’exposition est couvert
d’une couleur argent qui renvoie autant aux premières
heures de l’underground wharholien qu’à la récupération
par le tout commercial et le n’importe quoi décoratif
qui en est faite aujourd’hui.
Christophe
Brunnquell se joue avec humour des codes visuels qui régissent
notre environnement et à force de faire du faux, de se jouer
du fake, de pactiser avec le luxe et de travailler pour la mode,
il arrive finalement à construire en creux une autobiographie
troublante et touchante à la fois. Une trajectoire déviante.
CHRISTOPHE BRUNNQUELL
Né en 1969.
vit et travaille à Paris.
Lauréat de la Villa
Médicis à Rome en
2004.
-
Directeur artistique
pour le pavillon
français de la
biennale de Venise
investi par l’artiste
Sophie Calle en 2007,
de la monographie
de David Hamilton,
de l’exposition de
l’Hiver de l’Amour,
et de My Way (Claude
Lévêque), au Musée
d’Art Moderne de la
Ville de Paris, et
de Dionysiac pour
le Centre Pompidou.
Il a multiplié des collaborations avec la
Mu foundation, avec
des artistes comme
le photographe Mark
Borthwick, Kim Gordon
ou Cosmic Wonder. Il
publie régulièrement
photos et dessins (le
Figaro, L’officiel...)
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