Quarantesix photographies originales
présentées
par le Goethe-Institut, en collaboration avec la Photographische
Sammlung / SK-Stiftung Kultur, Cologne.
« Depuis ses débuts, la photographie vit en entente
parfaite avec l’histoire : elle en est souvent le complément
précieux. L’histoire de la photographie nous en fournit
de nombreux exemples ; un des plus remarquables est celui que
nous offre August Sander : entre 1918 et 1936, il réalise
des centaines de portraits de ses semblables, vivant comme lui les
trois Allemagne qui se succèdent, celle du Kaiser Guillaume
II, de la République de Weimar et enfin du National-Socialisme
hitlérien.
Qu’était cette Allemagne dite des « années
folles » ? Quelle en était la structure sociale
après la défaite de 1918 et l’effondrement économique
qui s’ensuivit ? En un mot, comment se comportaient ses
habitants vers 1930 ? C’est l’œuvre d’August
Sander qui nous apporte le témoignage le plus bouleversant
sur cette période et non le livre d’histoire que l’on
a l’habitude d’interroger. […]
Sander a donc le projet laborieux et presque obsessionnel de laisser
un portrait de l’Allemagne où, à travers les
implications politiques, chaque type social, chaque métier
sera représenté. […] Il ne prend pas ses portraits à la
sauvette. Avec méthode, il cadre de la même façon
le médecin ou le chômeur, le révolutionnaire
ou le SS. » (Jean Dieuzaide)
L’œuvre d’August Sander (1876-1964) dut attendre
les années 1950 pour être (re)découvert en Allemagne.
En France, sa réception passa par les Etats-Unis, la première
grande exposition internationale de Sander ayant eu lieu au Musée
d’Art Moderne de New York en 1969, soit cinq ans après
sa mort.
Un aperçu de son œuvre, surtout paysages et quelques
portraits, a été montré au Goethe-Institut en
1980.
« On me demande souvent les raisons qui m’ont amené à créer
cette œuvre et je réponds simplement, à force
de voir, observer et penser. » (A.S.)
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