Walking progress
«Je veux effacer l’architecture» Kengo
Kuma
L’architecte japonais Kengo Kuma a été choisi
pour la construction des nouveaux espaces du Frac Franche-Comté,
qui seront situés sur les rives du Doubs en plein cœur
de Besançon. C’est à Tokyo, dans le quartier
de minato-ku qu’il a fondé son cabinet d’architecture.
Son œuvre est marquée par une critique des académismes
et des formalismes. Il réalise une synthèse orient
et occident, invention et tradition.
C’est précisément cette volonté de dialogue
et cette envie de se jouer des paradoxes, qui m’ont poussé à imaginer
un projet autour du territoire et de la marche.
Il s’agit d’expérimenter et d’arpenter
les chemins poétiques, réels et imaginaires qui relient
la cité bisontine à la mégalopole japonaise.
Ces deux villes, si fondamentalement différentes, vont ici
se superposer.
La première étape consiste à arpenter la ville
de Besançon en suivant précisément le tracé de
la ville de Tokyo préalablement reproduit sur une carte géographique.
La cité japonaise prend progressivement forme dans les rues
de la capitale Franc-Comtoise à travers l’action de
la marche.
Ce processus de reterritorialisation se poursuit à Tokyo.
Et cette fois, les contours de Besançon s’insinuent
dans l’immensité de la mégalopole. La marche
matérialise la ville dans la ville.
Les territoires et les paysages se superposent. L’essence
de chacune des villes perd son caractère propre, le proche
et le lointain se confondent. Ils forment un paysage analogique.
Ces marches créent des villes nouvelles, des cités «transurbaines» où le
réel et l’imaginaire correspondent. Le marcheur progresse
dans un monde où les repères s’abaissent, où les échelles
se contractent ou, au contraire, se dilatent. Par le hasard des superpositions,
les nouveaux espaces du FRAC Franche-Comté se retrouvent au
milieu du gigantesque quartier d’Akasaka, quant au cabinet
de Kengo Kuma il siège, en filigrane au pied de la citadelle
de Vauban.
Des captations vidéos et sonores évoqueront ces arpentages «transurbains».
Elles rendront compte des parcours marchés, traversés
par les images et les sonorités multiples de ces deux villes
qu’un continent entier sépare et que le pas à pas
rassemble.
J.C N
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