Couleurs
saturées et contrastes subtils,
mises en scène sophistiquées, modèles à la
beauté idéale : a priori, les photographies d’Ansgar,
artiste allemand vivant aujourd’hui à Düsseldorf,
relèvent du très beau cliché de mode. Pourtant,
il ne faut pas s’attarder bien longtemps devant elles pour
se laisser saisir par le doute. Il se pourrait bien que sous les
apparences lisses et pop, cette beauté factice soit un piège,
celui de la séduction du premier regard, qui, si nous y consentons,
nous entraînera bien au-delà des conventions attendues.
Oscillant entre relecture
de la peinture classique, de Rubens à David
en passant par Delacroix, et transpositions de mythes fondateurs,
les photographies d’Ansgar agissent dans une sorte de transversalité,
opérant d’emblée une transubstantialisation de
l’image, quand la photographie devient tableau parabolique.
Son travail joue avec
l’Histoire de l’art, empruntant
ses codes iconographies au baroque, au kitsch, au gothique ou au
pop, ou encore à l’ambiance du cinéma expressionniste,
comme dans sa série « Angel-Demon ». Dans une
ambiance de Bal des Vampires, Ansgar modèle ombres et lumières,
renverse les valeurs, sur le thème romantique de la beauté du
diable.
Dans la série « Xmas », l’artiste mêle
clins d’œil et références dans une mise
en scène foisonnante. Dans « Crusade », par exemple,
crâne et billets de banque rappelle le thème classique
de la vanité, les armes, celui du pouvoir. Chez « Salome »,
les éléments de la nature morte au pied du modèle
sont reconstitués « plus vrais que nature » !
Extrait du Texte de Marie DEPARIS |