Le travail de Laurent Grasso a
très souvent
pour point de départ la recherche en sciences physiques. Ses œuvres
extrapolent la relation paradoxale et irrationnelle de la société avec
les technologies.
Après avoir modélisé en images de synthèse
un site interdit au public appelé HAARP pour un film réalisé en
2007,
pour son projet au Palais de Tokyo, Laurent Grasso a souhaité explorer
ce sujet d’une nouvelle manière en reconstituant au
sein même du Palais le dispositif HAARP (High-frequency Active
Auroral Research Program / Recherches dans le domaine des hautes
fréquences appliquées aux aurores boréales).
Installé en Alaska, ce programme américain scientifique
et militaire de recherche sur l’ionosphère, haute couche
de l’atmosphère qui a la particularité de se
modifier en fonction du cycle solaire et la capacité d’absorber
ou de réfléchir les ondes électromagnétiques.
Ce programme controversé au fonctionnement opaque provoque
de nombreuses interprétations : contrôle du climat et
des télécommunications mondiales, influence des comportements
humains, voire d’autres pratiques peu avouables.
À la manière du film Sans titre Projection (2003-2005)
dans lequel un nuage noir envahit Paris, l’œuvre de Laurent
Grasso explore les ambiguïtés entre réel et fiction.
Devenant une véritable matrice de récits, elle témoigne
des angoisses contemporaines.
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