En visitant une exposition de Ceal
Floyer, le visiteur peut être frappé par le minimalisme des œuvres.
Il s'agit moins de faire référence ici à un
courant de l'art du XXe siècle que de constater la simplicité des
formes et médiums choisis par l'artiste. Les objets du quotidien,
comme une ampoule, un seau ou une perceuse se mêlent à des
phénomènes comme l'eau qui frémit ou la flamme
qui oscille.
L'installation, le dessin, la vidéo ou le dispositif sonore,
comme un répertoire de formes, servent un propos qui au-delà de
son apparence révèle une double signification. C’est
ainsi que l’œuvre Autofocus (2002), présentée
au Palais de Tokyo en 2006 à l’occasion de l’exposition « Cinq
milliards d’années », joue sur le processus de la
mise au point de l’image. Un projecteur se règle et se
dérègle de manière aléatoire sans fournir
d’image, mais en révélant de subtiles variations.
Ceal Floyer s’approprie l’ordinaire et amène le
visiteur à dévier son regard, à prendre le temps
d’entrer dans un dialogue créé par la présence
physique des objets ou dispositifs. Les mots qui les désignent,
eux-mêmes confrontés à la présence du titre
de l’œuvre participent à cette déviation,
très souvent avec humour et ironie.
Née en 1968, Ceal Floyer étudie au Goldsmith College
de Londres où elle obtient son diplôme en 1994. Lauréate
du programme d’étude Philip Morris en 1997, elle accède
au programme de résidence du Künstlerhaus Bethanien à Berlin.
Elle a été récompensée par le prestigieux
prix NationalGalerie Prize for Young Art en 2007. Elle vit et travaille
aujourd’hui à Berlin. |