Né en 1929 à Baden près de
Vienne, Arnulf Rainer est l'un des maîtres de l'avant-garde
autrichienne, avec Hermann Nitsch et Günter Brus. Peu exposé en
France (en 1984 au Centre Pompidou et en 2004 à Nice), malgré une
renommée internationale, il s'est défini dès
le début des années 1950 comme un artiste qui "peint
pour quitter la peinture".
Après un intérêt certain pour le surréalisme,
qui l'influença dans ses premières années, il
se rapproche du tachisme et de l'art informel. Il s'intéresse également à l'art
brut. Il est aujourd'hui plus spécialement reconnu pour ses
travaux dans lesquels il utilise des techniques mixtes : partant
d'images préexistantes (photographies, illustrations, reproductions
d'oeuvres), il les recouvre de "surpeintures" (Übermalungen)
dans un style abstrait (projections, griffures, tâches), modifiant
ainsi la signification de l'image initiale. Il a notamment appliqué ce
procédé à des crucifix, des masques mortuaires
ainsi qu'à des autoportraits faits dans un Photomaton.
Il présente à Saint-Etienne ses oeuvres les plus récentes
(2005-06), une série d'une cinquantaine de photographies intitulées "Paysages
perdus", des petits formats sur papier. Pour la première
fois de sa longue carrière, l'artiste traite le thème
du paysage ; jusqu'ici il s'était consacré aux portraits,
aux récits historiques et bibliques. Oeuvres réalisées à partir
de ses propres photographies, il s'agit d'un ensemble exceptionnel,
la marque d'un artiste dont le souffle créateur ne tarit jamais.
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