En 2007, l’exposition The Freak Show s’inspirait
d’une forme d’exposition populaire et discriminatoire,
qui exhibait d’étonnants phénomènes ou
monstres de foire. Près de 50 oeuvres interprétaient
et jouaient avec les différents types de monstruosité ou
d’anormalité en l’appliquant, souvent avec humour, à des
oeuvres contorsionnistes, géantes, poilues, siamoises...
« N’importe quoi » lui fait suite et reprend un
dispositif d’exposition préexistant, cette fois-ci la
présentation des collections de specimens dans les musées
d’histoire naturelle : galeries zoologiques, galeries d’anatomie
comparée, galeries paléontologiques... Comme pour The
Freak Show, cette appropriation d’un système d’exposition
permet de soulever un certain nombre de questions importantes quant à l’art,
son histoire, sa présentation et sa représentation.
Dans l’espace du musée, l’art est exposé comme
un art « naturalisé ». D’où cette
question : l’espace du musée est-il le milieu naturel
de l’art ? Y a-t-il un art à l’état sauvage
? Y a-t-il un « dessein intelligent » à l’oeuvre
dans son évolution, ou bien est-il une succession de mutations
accidentelles ? Et, puisqu’il est ici présenté comme
une galerie de l’évolution, à quel principe de
sélection (culturelle, et non plus naturelle) obéit-il
? L’art manifesterait-il, à l’inverse du schéma évolutif
normal, la revanche de l’inadaptation, par la survie des plus
inaptes (à se conformer à la règle historique
ou aux conventions sociales) ?
Ce qui a pu faire dire que l’art moderne, puis contemporain,
relevait du « n’importe quoi » était le
fait qu’il faisait rentrer dans le monde de l’art de
nouveaux sujets perçus par beaucoup comme triviaux, vulgaires
ou banals, et s’écartant suffisamment de l’iconographie
autorisée pour paraître incongrus, voire complètement
loufoques.
Ce sont quelques-uns de ces sujets qui sont présentés
dans cette exposition, au travers d’oeuvres d’artistes éminent(e)s.
Car, pour paraphraser un humoriste qui pensait qu’on pouvait
rire de tout, mais pas avec n’importe qui, on peut certainement
faire « N’importe quoi » dans un musée,
mais pas avec n’importe qui.
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