Vernissage mardi 10 février à 18h
Charlotte Charbonnel perçoit La Maréchalerie comme
un lieu en trompe l’œil, Versailles comme une ville désaxée
entre son château qui a des allures de légende et l’urbanisation
déconcertante de la place jouxtant le centre d’art.
Or, quand Versailles sort de sa légende, le touriste est perdu
et le Versaillais devient un banlieusard.
L’installation Rétrovision renforce l’impression
de désorientation et amplifie les décalages temporels
de la ville et les décalages spatiaux du centre d’art,
ses improbables décrochements, les dénivelés
entre les sols, les différentes strates architecturales. Rétrovision
est un voyage temporel où le temps et la matière sont
comme suspendus.
Charlotte Charbonnel renverse le centre d’art, la grande baie
vitrée s’effondre, se brise et reste figée à un
mètre du sol, retenue par des grandes colonnades de sel qui
gouttent du plafond. Pendant que le visiteur constate le désastre,
il déclenche des souffles sonores. Entrer dans Rétrovision,
c’est traverser le miroir et faire l’expérience
d’un paysage instable pour repérer les dissonances de
la salle d’exposition et de la ville.
Dans ces précédents travaux, le son participe de l’exploration
de la matière : l’artiste la donne à entendre
au moyen d’objets d’écoute comme Ormeau – hybridation
d’un sonotone avec de la faïence –, Stethospheres – instrument
sonore collectif – ou Sonde – stéthoscope à ausculter
les murs. Charlotte Charbonnel pousse la matière à former
sa propre illusion. Aussi, l’énergie de 126 citrons
projette l’image d’une tranche de citron (Jesvit, 2008).
De même, à La Maréchalerie, c’est la cristallisation
du sel qui produit ce paysage hivernal et les flaques de verres sont
inspirées de l’intrigante taxinomie de cette matière
: la viscosité du verre le classe dans les liquides et pourtant
il ne coule pas.
Un document d’artiste – Rétrovision – est
publié à l’occasion de cette exposition.
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