Ice Cream Land: un monde en carton-pâte,
un arôme de confiseries, un décor de cinéma,
un théâtre de l’imaginaire...
Les compositions de Benjamin Bruneau juxtaposent
et font coexister les images, dé- cors de notre monde. « J’essaie
de faire des tableaux avec tout ce zapping de signes fragmentés
qui placardent notre quotidien ». A l’ère des
mass-médias, cet artiste sem- ble déverser sur ses
toiles toute la profusion de signes et de sens, des images, des slogans,
des représentations culturelles avalées, absorbées,
ingurgitées.
C’est dans ce contexte que cette peinture puise sa mécanique
de langage ouvert à toute absorption culturelle. Entre chaos
mercantile et téléscopage de signes, le monde est ici
représenté par association et condensation de figures,
objets, événements, scénarios.
Ainsi, les tableaux de Benjamin Bruneau deviennent
une arène
où les objets de société s’invitent avec
leurs racines idéologiques, leurs rhétoriques esthétiques,
leurs slogans bariolés sous-jacents, leurs médusantes
beautés. En somme, ils inventent une imagerie des névroses
contemporaines.
Sols jonchés de déchets, amas de débris en
tout genre : les formes s’additionnent, se juxtaposent dans
l’espace de la toile, jusqu’à s’enchevêtrer.
Les objets amonce- lés, résidus du quotidien, se confondent,
se perdent, s’accumulent. Des sensations de vertige, de vitesse
happent le spectateur, l’ensevelissent.
Par l’enchevêtrement de ces éléments plastiques,
Benjamin Bruneau transfigure le mon- de qui nous entoure dans un
univers où se disputent le grotesque et le merveilleux |