La galerie Jean Fournier est heureuse
de présenter
une exposition des peintures récentes de Claude Tétot.
Les peintures abstraites de Claude Tétot, de grands formats
horizontaux, sont composées d’aplats colorés
intenses d’où émergent des formes souvent insaisissables
qui, posées sur ce fond monochrome, jouent avec la profondeur
du tableau.
Le recouvrement sur la toile, travaillé en aplats de couleur
par de fines couches superposées s’appuie sur des effets
de transparence et élimine toute touche visible du pinceau.
Les accrocs, les éraflures, les coulures ou autres recouvrements
interviennent sur ce fond dans un geste parfaitement maîtrisé.
La confrontation ne naît pas seulement d’un antagonisme
entre la forme et le fond mais des juxtapositions de couleurs vives,
parfois même acides. Les contrastes et les oppositions entre
les formes qui se frôlent, se heurtent ou se juxtaposent, entre
couleurs chaudes et couleurs froides, entre rajout ou enlèvement
de matière sont portées à leur paroxysme dans
ces tableaux et de cet accord naît l’équilibre étonnant
et la force de ces toiles.
L’exposition montrera également quelques huiles sur
papier, où des formes impalpables et colorées s’inscrivent
sur le fond blanc de la page. Si depuis toujours, l’artiste
accomplit, au crayon, des esquisses sur des carnets, sortes d’études
préparatoires qui servent de point de départ aux tableaux,
les huiles sur papiers qu’il réalise depuis 2005 sont
des œuvres autonomes dont la singularité s’affirme
indiscutablement et ne relève ni du tableau, ni du croquis.
« …Claude Tétot est, en même temps, un
peintre de l'affirmation et du doute, un artiste dont les tableaux
suscitent, chez qui regarde, en un seul et même mouvement,
la sensation d'une évidence et celle d'une indétermination.
C'est là leur force.
[…] Si l'on regarde, en même temps, les huit tableaux
qui forment l'exposition actuelle, c'est cela qui frappe dans chacun
d'eux au même titre que dans celui que je tentais de décrire
en commençant. Cela : cette fausse évidence, cette
fausse simplicité, cette fausse opposition d'un fond et de
quelques formes, et, plus encore, cette fausse opposition entre deux
types de vocabulaires. Le travail de Tétot n'est pas le jeu
du net et du flou, du dessin et de la couleur, du propre et du sale,
ou de je ne sais quelles autres oppositions encore. Il n'est pas
cela, mais il s'approprie tout cela. Car, ici, rien ne s'oppose à rien,
aucune forme, aucune manière de peindre n'est douée
de propriétés intangibles, et nul ne peut dire ce qui,
dans tel ou tel des tableaux aujourd'hui présentés,
est de l'ordre de l'affirmer ou de la remise en question. […]
Claude Tétot, disais-je, prend un malin plaisir à ne
pas être là où on l'attend, et ce plaisir, cette
jubilation de l'égarement comme condition de plaisirs inconnus,
cette recherche de la surprise visuelle comme forme de délectation,
passe par un refus de toute rhétorique, de tout enfermement,
fût-ce dans son propre vocabulaire…Parce qu'un tableau
de Claude Tétot n'est pas un puzzle mais un tout, pas un collage
mais le fruit d'un travail de composition qui, soudain, donne à chaque
motif, à chaque couleur, à chaque texture, l'intensité désirée,
l'artiste remet en jeu, de toile en toile, sa capacité à peindre ».*
* Pierre Wat, extrait du catalogue de l’exposition.
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