Le Frac des Pays de la Loire conserve
depuis 2002 les œuvres de la collection d’Anne Marchand, légataire
universelle de Gina Pane (1939-1990). Grâce à cet ensemble
tout à fait exceptionnel, il est possible d’offrir,
pour la première fois en France, une rétrospective
de l’ensemble de la carrière de cette artiste majeure
qui a fortement marqué la scène artistique des années
1970 en créant un nouveau langage, mettant son corps au cœur
de son œuvre.
Après une formation de peintre dans les ateliers d’art
sacré, Gina Pane travaille directement dans et sur la nature,
réalisant des œuvres éphémères,
qu’elle renseigne grâce à la photographie. Parallèlement à ces
travaux, Gina Pane crée des installations qui s’inspirent
de l’actualité politique et plus particulièrement
de la destruction progressive de notre patrimoine naturel.
A partir de 1969, Gina Pane se met en scène lors de séances
qu’elle intitule « actions », où le public
n’est pas seulement spectateur, mais participe par sa présence.
Prenant pour sujet la condition féminine, sa propre histoire
et parfois l’actualité politique, Gina Pane utilise
son corps comme un medium essentiel, faisant parfois jaillir son
propre sang, témoignage de l’énergie contenue
dans l’enveloppe corporelle. Réalisées durant
les années 1970, ces « actions » se différencient
des performances par le caractère programmé et très
construit de chaque geste. Chaque élément introduit
fait l’objet de synopsis dessinés qui permettent à l’artiste
d’élaborer ses « constats d’actions », œuvres
photographiques qui gardent le souvenir de ces interventions. Faisant
parfois référence à la littérature ou à des
mythes universels, l’art de Gina Pane occupe une place très
particulière dans l’histoire de l’art corporel.
A partir de 1981, Gina Pane se consacre aux « partitions ».
Entre installations et sculptures, ces œuvres poursuivent la
réflexion de l’artiste sur sa propre histoire mais prolongent
aussi ses premières préoccupations autour de l’art
sacré et de l’histoire de l’art. En effet, à partir
d’un vocabulaire minimal, utilisant des matériaux pour
leur charge symbolique (verre, laiton, cuivre, fer ou bois), Gina
Pane crée un univers où le corps, désormais
absent, évoque le spirituel qui l’emporte sur le temporel.
À l'occasion de cette exposition, un catalogue sera publié en
2009. |