Bernard Joisten est né en 1962 à Gap.
Il vit et travaille à Paris.
Dans ses mises en scène, installations et peintures, Bernard
Joisten confronte le public à l’arbitraire de la vision
: combinaisons de schémas fabriqués à partir
de figures génériques (la voiture, le château),
de trames (damier), ou de notions plus menaçantes (la faille,
l’explosion). Pas d’explication, l’art figuratif étant
tout aussi abstrait que l’abstraction même (abstraction
figurative). L’esthétique en place est celle de la mécanique
des lieux : lieu commun, lieu d’action, lieu de fiction, lieu
métaphysique, lieu réel enfin où circule le
public. En se servant de l’image 3D, Bernard Joisten remet à jour
la fragmentation cubiste en tant que processus qui déploie
un nombre illimité de points de vue.
Dans la première salle du Frac Basse-Normandie, le regard
est emporté dans un paysage simulé qui contamine l’espace,
se fragmente sous plusieurs formes et matériaux : linoléum,
impressions numériques, peinture.
Dans la deuxième salle, ce n’est plus un accrochage
mais un décrochage, qui transforme le poids de l’image.
Les images sont ici encapsulées dans des sphères suspendues
au plafond. En quittant les murs, les images se séparent de
toute forme de « région ». Elles s’échappent,
en quelque sorte, dans le monde. C’est une autre économie.
La suspension est un schéma mobile où la matière
ne se prend pas au sérieux et où le jugement reste,
lui aussi, suspendu. Vers des images sceptiques ?
Illimité est le thème favori des opérateurs
de téléphonie mobile. Ici, l’illimité est
un lieu, un espace, la figure d’un domaine sans fin.
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