Une exposition personnelle de Thu Van Tran avec
la participation de Didier Rittener et
Chi Waï Ng
Le projet consiste en l’adaptation d’un roman d’anticipation écrit
par Ray Bradbury en 1953, Fahrenheit 451, en une exposition. Celle-ci
s’efforcera de retranscrire le récit en expériences
et d’en dégager les principaux enjeux. Dans une société future
où il est interdit de lire, où l’on brûle
les livres qui sont découverts, les gens qui veulent les sauver
les apprennent par coeur. À l’image de cet état
de fait, la confrontation entre censure et résistance, l’incarnation
d’une esthétique visionnaire ou encore la langue comme
force combative, seront matérialisées au sein des oeuvres
proposées dans l’exposition.
Cacher un livre, mémoriser son contenu lorsqu’il n’y
a plus de supports possibles, garder la parole comme forme de survie,
la transmission comme fondatrice d’un avenir collectif, sont
les actes quasi-désespérés du roman. Dès
lors, son adaptation est motivée par la dimension héroïque
et dramatique du sujet, dont la teneur politique tient en sa prophétie
d’un monde sans liberté ni libre-arbitre et son évocation
directe à certains événements de l’histoire,
guerre et autodafé passés.
L’intérêt de l’artiste pour la science-fiction
n’est pas particulier, c’est en revanche l’effort
d’anticipation fourni par le genre qui retient son attention.
En effet, le texte d’anticipation nous restitue l’expérience
de notre présent en le représentant comme déjà passé,
nous demandant de l’appréhender comme histoire d’une
chose encore à venir et qui nous est contée à cet
instant. C’est sur ce mode que l’artiste tentera d’investir
l’espace d’exposition, en lui prêtant un format
dans lequel les notions de durée et d’origine prendront
place.
Pour ce projet, l’artiste a souhaité initier l’intervention
d’un graphiste designer originaire de Hong Kong, Chi Waï Ng,
en lui confiant la matérialisation d’une identité visuelle
graphique et narrative, ainsi que l’intervention de l’artiste
suisse Didier Rittener, sur la question de l’autodafé.
Par ailleurs, il sera programmé durant l’exposition
une série de performances et de débats animés
par la puissance de la langue. La récitation, le discours,
l’improvisation verbale, ou même chanter, seront autant
de moyens de dire que de procédés persistants mettant
en jeu la parole.
L’exposition débutera par un prélude phonétique
et évoluera en sept chapitres, ainsi nommés : CH 1-Exister
caché, CH 2-Un bonheur immédiat, CH 3-Le pissenlit
ou le limier destructeur ?, CH 4-Autodafé, CH 5-L’imaginaire
ne cessera pas, CH 6-Germination, CH 7-La cavale.
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