Cette
exposition a été conçue
dans le cadre d’un échange initié en 2003 entre
la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Québec,
avec le soutien de la Régie Culturelle Régionale.
Elle
réunit deux artistes québéquois, Nathalie
Bujold et Jean-Marc Mathieu-Lajoie et deux artistes français,
Cyrille C. de Laleu et Samuel Rousseau. Le volet de ce projet mis
en œuvre par Vidéochroniques part d’une question
aussi ambitieuse que triviale : “De quoi les images sont-elles
faites?”. Formellement, les images actuelles (disons numériques)
sont constituées d’une myriade de pixel, plus petits
dénominateurs communs et singuliers à la fois. Difficiles à différencier
les uns des autres vus de près, c'est l'organisation de leur
différence qui conditionne l’apparition d'une image
(autrement dit d'une forme). De là, une analogie vient à l’esprit
qui convoque, entre autre, la peinture et la tâche que produit
le contact du pinceau sur le support...
Nathalie
Bujold
“Le travail de Nathalie Bujold soulève la problématique
de la mise en place d’une imagerie de culture populaire selon
l’agencement et en relation avec des espaces usuellement voués à l’art
dit sérieux. Il en résulte des objets qui flirtent
avec une sorte de Pop Art du terroir par l’empoi loufoque et
débridé de matériaux et de techniques du textile
: bas de laine, tricot, motifs de chemise de bucheron. Sont représentés
dans des constructions picturales et tridimensionnelles les artefacts
et les effigies dans lesquels nous nous reconnaissons. Agissent ainsi
des formes jouant de la nuance entre art et artisanat et qui manifestent
une association curieuse et inventive à la pittoresque, à la
manière des peintres.” Patrice Duhamel
Nathalie
Bujold est née en 1964 à Chandler (Québec),
elle vit et travaille à Montréal (Québec ).
Cyrille
C.de Laleu
InTime
: An Interactive Timescape est le titre de l'installation vidéo interactive que présente Cyrille C. de Laleu.
Cette œuvre est librement inspirée du livre d'Adolfo
Bioy Casares L'invention de Morel. Traitant de la notion de simulacre,
ce livre suscite une interrogation sur les paradoxes spatio-temporels
propres à chacun. L'installation se compose de 24 écrans
consituant un collage temporel d'un paysage panoramique, dont l'apparence
et l'état sont modifiés par la présence du spectateur.
Ce principe interactif permet la modification en temps réel
par celui-ci des paramètres temporels de chaque écran
qui compose le paysage et d'être une réflexion sur la
coexistence de nos expaces intimes. Le paysage forme ainsi une véritable
partition à l'intérieur de laquelle le spectateur se
glisse et peut questionner la représentation temporelle d'espace
contigus.
Cyrille
C.de Laleu est née en 1968 à Paris, elle vit
et travaille à Marseille.
Jean-Marc
Mathieu-Lajoie
“Depuis plus de 25 ans, Jean-Marc Mathieu-Lajoie élabore
des modes d’organisations plastiques à partir des casse-têtes
(puzzles) qui lui permettent de composer de nouvelles images à partir
de celles que proposent les entreprises qui fabriquent ces jeux.
Utilisant toujours des casses-têtes que l’on peut facilement
se procurer dans les magasins, l’artiste n’intervient
jamais sur l’image proposée sauf par le déplacement
des morceaux.
En mélangeant subtilement les pièces, il réussit à donner
une toute autre signification à ces images souvent idéalisées.
Les nouvelles images ainsi créées, nous amènent
dans une réalité tournée vers l’association
du système et de l’aléatoire. En effet, à cause
des différents modèles de couteaux que les compagnies
utilisent pour couper les puzzles, ces derniers ne sont pas toujours
compatibles. Une pièce d’un jeu ne fonctionne pas nécessairement
avec un autre. Il en résulte alors une recherche approfondie
des rares possibilités d’interchangeabilités
et d’erreurs qu’offre le médium. C’est donc
dans un système préétabli et bien mis en place
par les compagnies que l’artiste arrive, par substitution,
accumulation, répétition et déplacement des
morceaux à modifier la règle imposée (...) ”.
Raynald Tremblay
Jean-Marc
Mathieu-Lajoie est né en 1950 à Sainte-Lucie-de-Beauregard
(Québec), il vit et travaille à Québec (Canada).
Samuel
Rousseau
“Une constante lisible de la démarche de Samuel Rousseau
est sa dimension profondément poétique. A travers quelques
détails, il fait surgir une vision décalée de
la réalité. Son approche inattendue d'éléments
du quotidien trouble notre regard. (…) L'artiste aime aussi
faire se télescoper des univers apparemment antinomiques comme
faire broder les dessins d'authentiques tatouages de marins sur de
délicats napperons de dentelle. De ces analogies surprenantes,
de ces mariages incongrus naissent des images multiples qu'il revient à chacun
d'interpréter. Samuel Rousseau fuit la sclérose produite
par les dogmes et le consensus, il explose les frontières
entre les catégories (artisanat, art brut, art vidéo...).
L'insolite et l'humour ne servent pas chez lui de nez rouges sur
des œuvres réductibles à l'anecdote. En filigrane
de ses facéties, on peut lire une critique de la fascination
pour la technologie, un scepticisme salutaire et une ironie réjouissante.
Dans ses derniers travaux, il utilise l'image vidéo dépourvue
de son, comme une matière à modeler, qu'il inscrit
dans des endroits aussi insolites que des canevas de laine aux figures
naïves du meilleur goût kitch ou sur les murs, tels les
papiers peints vidéos qui se confondent avec l'architecture.
Ces images oscillent entre la nature de décor et celle d'œuvre à part
entière”. Naly Gerard
Samuel
Rousseau est né en 1971 à Marseille, il vit
et travaille à Grenoble.
Commissariat
: Édouard Monnet
|