Passionnée de cinéma, Camille Henrot
manipule l’univers et les codes de la matière cinématographique
comme d’autres utilisent le bois ou la peinture. Réalisant
rarement ses propres films, elle préfère intervenir
sur ceux des autres par l’utilisation de divers processus :
dessin, grattage sur la pellicule ou collage. Chacune de ces techniques
permet de faire surgir ombres, lumières ou fantômes
et de démultiplier l’oeuvre sous forme de photos, dessins,
films ou installations. Camille Henrot s’approprie ainsi le
cinéma populaire pour le ramener dans le champ de l’expérimentation
avec poésie et imagination. Pour le Palais de Tokyo, Camille
Henrot, propose un projet inédit : King Kong Addition. Ni
remake ni détournement, cette version de King Kong permet
tout simplement de regarder en superposition trois versions du film
hollywoodien (1933, 1976 et 2005). OEuvre mythique, King Kong est
avant tout un film sur le cinéma et pour le cinéma.
Le résultat de cette addition mathématique produit
un film troublantà l’image noircie parfois illisible,
dont l’opacité fait véritablement «écran»,
un écran sur lequel peuvent se projeter tous les fantasmes.
De cette jungle d’images sombres ne se détachent plus
que les deux figures principales du film : le gorille et le personnage
féminin. King Kong émerge de cette obscurité et
résiste au brouillage visuel. Il demeureégalement la
figure à laquelle le spectateur refuse de cesser de croire,
cette figure monumentale que le cinéma ressuscite périodiquement.
Révélée par l'exposition J'en rêve à la
Fondation Cartier, Paris, Camille Henrot développe depuis
lors une carrière nationale et internationale. Elle a récemment
participé à la Biennale des nouveaux médias,
Version animée, au Centre pour l'Image contemporaine à Genève
ainsi qu'à la Nuit Blanche 2006 à Paris. En 2005, son
travail a été présenté, entre autre, à la
galerie Dominique Fiat, à l'Atelier du Jeu de Paume à Paris,
et au Hara Museum à Tokyo.
Camille Henrot is a passionate
cinema lover and handles the universe and codes of cinematographic
material as others do wood or paint.
She seldom directs her own films, preferring to intervene in films
made by other people using a variety of procedures: drawing, scraping
on the film, or collage. Each of these techniques makes it possible
to conjure up shadows, lights or ghosts and relay the work in the
form of photographs, drawings, films or installations. Camille Henrot
thus appropriates popular cinema, using poetry and imagination to
bring it back into the experimental field. For the Palais de Tokyo,
Camille Henrot is showing a project that has not been seen before:
King Kong Addition. Neither a remake nor a misappropriation, this
version of King Kong simply makes it possible to look at three versions
of the Hollywood film (1933, 1976 and 2005) overlaid over one another.
A legendary work, King Kong is first and foremost a film about the
cinema and for the cinema. The end result of this mathematical addition
is a disturbing film with blackened, sometimes illegible images,
the opacity of which makes it truly a “screen”, a screen
on to which any and every fantasy can be projected. Only the two
main figures in the film now stand out from this jungle of dark images:
the gorilla and the female character. King Kong emerges from this
obscurity and withstands the visual confusion. He also remains the
figure spectators refuse to stop believing in, that monumental figure
the cinema periodically resuscitates.
First discovered in the
exhibition J'en rêve at the Fondation
Cartier, Paris, Camille Henrot has since developed a national and
international career. She recently participated in the new media
Biennial Version Animée at the Centre pour l'image contemporaine
in Geneva as well as the Nuit Blanche 2006. In 2005, her work was
presented, among other places, at the Galerie Dominique Fiat, the
Atelier du Jeu de Paume in Paris, and the Hara Museum in Tokyo.
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