Témoignant de la relation qui unissait
les deux frères Flandrin et de leur personnalité respective,
quelque soixante-dix œuvres, tableaux et dessins, retracent
les grandes étapes de leur carrière parallèle
: la période de jeunesse alors qu’ils étaient élèves
d’Ingres, le séjour à Rome, le retour à Paris.
Hippolyte (1809-1864) était-il le "nouveau Fra Angelico
du XIXe siècle", grand peintre religieux et bon portraitiste?
Cette exposition aborde
l’œuvre d’Hippolyte et
Paul Flandrin dans une perspective nouvelle en mettant l’accent
sur la relation particulière qui unissait les deux frères,
afin d’éclairer leur proximité et leur différence
en particulier à partir du thème du portrait. Quelque
soixante dix œuvres, tableaux et dessins de différentes
périodes des deux artistes empruntés auprès
de collections publiques et privées permettent de mieux cerner
leur personnalité respective. La gloire d’Hippolyte
a quelque peu laissé dans l’ombre l’œuvre
de Paul qui apparaît aujourd’hui comme un acteur important
de cette double œuvre. Cette exposition tente d’analyser,
les rôles particuliers que les deux frères jouèrent
auprès de leur maître, Ingres dont ils fréquentèrent
très jeunes l’atelier. Avec cette exposition les portraits
d’Hippolyte, les paysages de Paul confirment leur place dans
l’histoire de l’art.
Les carrières parallèles d’Hippolyte
et Paul
La précédente manifestation d’importance sur
les artistes remonte à 1984, au Musée du Luxembourg, à Paris
et au Musée des Beaux-Arts à Lyon. Il s’agissait
alors de la mise à l’honneur les trois frères
Flandrin : Auguste, Hippolyte et Paul, peintres méconnus,
voire inconnus, pour une grande partie du public français.
Depuis lors, la recherche
sur l’époque de Ingres et
de son école a considérablement évolué.
De nombreuses œuvres des Flandrin sont entrées dans les
musées français, et d’autres sont apparues sur
le marché de l’art, offrant un panorama inédit
de leur corpus.
L’exposition conçue par le Musée des Beaux-arts
de Nantes n’inclut pas l’œuvre d’Auguste mais
resserre le propos autour des carrières parallèles
d’Hippolyte et Paul : pour porter un nouveau regard sur ces
deux artistes et la relation qui liait ces deux frères. L’exposition
se concentre sur l’aspect séculier de leur œuvre.
Hippolyte (1809-1864) « nouveau Fra Angelico du XIXe siècle »,
grand peintre religieux et bon portraitiste ?
Il a paru très difficile de montrer dans l’espace
d’un musée la valeur artistique de travaux crées
in situ pour des églises. Les esquisses, petits formats
et autres dessins des œuvres d’Hippolyte Flandrin dans
les églises parisiennes (Saint-Séverin, Saint-Vincent-de-Paul
ou Saint-Germain-des-Prés) ne sont qu’un pauvre témoignage
du talent de ce grand décorateur d’édifices
religieux. Mieux vaut inviter le public aux visites des lieux sacrés,
en passant par la cathédrale de Nantes qui conserve le très
beau Saint Clair guérissant les aveugles (1836). Certains
pans de l’œuvre d’Hippolyte méritent ainsi
un éclairage neuf : paysages, portraits et scènes
de genre.
Paul, (1811-1902) « paysagiste ingresque » ? Toujours
relégué dans l’ombre écrasante de son
frère, il reste oublié, catalogué un peu vite
comme élève d’Ingres, répétitif
et à l’inspiration monotone. Il fut pourtant un excellent
portraitiste, et pas seulement en dessins. Ses paysages empruntent
bien plus à un sentiment mélancolique de la nature,
proche souvent de Corot et de Caruelle d’Aligny, qu’à la
conception du paysage par Ingres qui ne fut pas le meilleur professeur
ni praticien en la matière. Les clichés qui font de
Paul un artiste de second rang trouvent ici l’occasion d’être
quelque peu remis en question.
Portraits, paysages, sujets
historiques et même quelques scènes
de genre ponctuent ce double parcours qui va de la tradition néoclassique
aux débuts de l’Ecole de Barbizon. L’exposition
retrace les grandes étapes des carrières des deux frères
: la période de jeunesse alors qu’ils sont élèves
d’Ingres, le séjour à Rome, le retour à Paris,
puis Paul après la mort de son frère Hippolyte..
Le catalogue Hippolyte
et Paul Flandrin : Paysages et portraits rassemble des textes de
Cyrille Sciama, Roger Diederen et Georges
Vigne. L’ensemble des œuvres présentées
est reproduit et commenté.
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