Pour sa première exposition au Musée
Jean de La Fontaine de Château-Thierry, le Frac Picardie invite
le visiteur à poser un regard amusé et parfois interrogatif
sur ce que le Moyen-âge appelait « bestiaire. » Sa
fonction : réunir et représenter des animaux généralement
chargés d’une signification symbolique et fantastique.
Les animaux qui occupent les cimaises du musée forment un
petit monde étonnant et riche de diversité qui croise
l’univers du fabuliste qui habita les lieux, en mêlant
icônes et mots sous la plume, le crayon ou le pinceau. Ici,
les signes fantasmagoriques de Pierre Alechinsky, la tortue énigmatique
d’André Masson, les figures dansantes ou grimaçantes
d’Erik Dietman, là des hippopotames et une otarie nagent
dans les écritures de Jean-Luc Parant. Plus loin, des lignes
vives et des arabesques précieuses façonnent des anatomies,
jouent avec les mots et les légendes : lézards dorés
pour Philippe Favier, escargots estampillés glissant entre
les mots de Jean Lancri, enfin cerf, bœuf et âne de Jean-Michel
Alberola évoquent mythologie et histoire.
L’arche de Noé de l’art contemporain est hybride,
libre, infini. Archétype éloigné des conventions
scientifiques de sa représentation anatomique, chaque animal
esquisse les couches profondes de l’inconscient et des instincts
qui nous animent.
A compter du mois de mai, cette présentation trouvera écho
dans la toute nouvelle galerie du Lycée Jean de La Fontaine,
par un accrochage d’autres œuvres du Frac Picardie sur
le même thème.
Œuvres de Pierre Alechinsky, Jean-Michel Alberola, Erik Dietman,
Philippe Favier, Jean Lancri, André Masson, Jean-Luc Parant. |