Le
mythe biblique de Babylone est en ceci une parfaite illustration
de notre difficulté à appréhender
les œuvres qui nous sont contemporaines. Dans la Genèse,
l’épisode de Babylone est marqué par la décision
divine de punir la démesure des hommes en brisant la langue
commune en une multiplicité de langues étrangères
les unes aux autres, semant ainsi discorde et incompréhension.
Apprendre à lire les œuvres reviendrait alors à accepter
la confrontation avec une somme de langues étrangères
et parfois inédites. Ce processus ne va pas de soi ; les exemples
abondent, du rejet de l’Impressionnisme à la fin du
19ème siècle par une écrasante majorité du
public aux régulières attaques contre l’art d’aujourd’hui.
Au Fonds d'art
moderne et contemporain, les visiteurs découvrent
les artsites associés au Syndrome de Babylone. Les peintures
de Bernard Frize ou de Bernard Piffaretti, les citations explicites à l’histoire
de l’art et du cinéma de David Reed ou Fabian Marcaccio,
la collision entre peinture et technologie d’Albert Oehlen,
les langues fabriquées de Shirley Jaffe ou Jonathan Lasker,
l’étonnant mécanisme psychique mis au point par
Loris Gréaud, sont autant d’œuvres issues de la
collection du FRAC Auvergne qui, par différents moyens explorent
les différents aspects du langage et de ses usages.
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