L’ensemble de l’oeuvre et le fonds
d’atelier de Chohreh Feyzdjou, acquis par l’Etat, en
2002, sont présentés à partir du 9 février
2007 au CAPC.
Cette exposition permet de percevoir enfin la grande diversité du
travail de l’artiste iranienne décédée en
1996. Elle trouve naturellement sa place au CAPC qui est dépositaire
depuis 2003 de cet important fonds et qui a mené à bien
un travail d’inventaire et de recherche sur l’ensemble
des pièces découvertes. De nouveaux éléments
de cette oeuvre singulière et complexe ont ainsi pu être
révélés et permettent aujourd’hui d’en
renouveler la connaissance.
La première monographie consacrée à l’ensemble
de l’oeuvre de Chohreh Feyzdjou est éditée à cette
occasion.
Le Centre national des arts plastiques a acquis pour le compte de l’Etat,
en 2002, la totalité de l’atelier de l’artiste iranienne
qui est désormais inscrit sur les inventaires du Fonds national
d’art contemporain. Après le dépôt, en 2003,
au APC de ce fonds exceptionnel, le service conservation,sous la responsabilité d’Anne
Cadenet, a entamé un travail d’inventaire et de constat
d’état des oeuvres. Des centaines de documents d’archives
ont été analysés et des milliers d’objets
identifiés : plus de 300 dessins de l’artiste datés
de 1971 à 1996 ; des sculptures, des peintures et des installations.
L’exposition :
Le coeur de l’exposition rassemble l’ensemble des oeuvres
constitutives de la dernière exposition réalisée
par l’artiste, en 1995 à la galerie "Le Monde de
l’art" à Paris. Depuis 1992, l’artiste présentait
son travail selon les codes du commerce, de la production en série à l’étiquetage
et à son agencement. Les installations de ces Product of Chohreh
Feyzdjou, des peintures roulées, des cageots, des boudins
de papier, des caisses de bois, des bocaux, des sachets mais aussi
des livres d’hermétisme islamique, des dessins, étaient
ainsi réalisées sous le terme de "boutique".
Avant leur exposition, ces objets étaient enduits de pigment
noir et revêtaient un aspect de restes ou d’objets de
bazar.
La dominante chromatique sombre de "La Boutique" qui identifie
l’oeuvre tardive de l’artiste se retrouve dans le parti
pris scénographique de l’exposition. Au lieu de recouvrir,
le noir des cimaises dévoile, par ensembles thématiques
(la caricature politique, l’autoportrait…) les pièces
inédites découvertes dans l’inventaire du fonds.
La plupart des éléments découverts dans ce fonds
d’atelier étaient probablement promis à devenir
les constituants de cette oeuvre sombre.
Paradoxalement, ayant échappé au passage au noir, ils évoquent
plutôt la joie de vivre et le plaisir particulier de la couleur.
Ils témoignent du parcours de l’artiste, de sa formation
artistique à Téhéran puis à Paris, comme
de sa conscience politique ou spirituelle. Ils forment un ensemble
cohérent attestant de sa quête identitaire, marqué par
son exil occidental, mais construit sur des valeurs universelles
d’échanges entre Orient et Occident.
La dernière salle du parcours présente des archives
en partie constituées par l’artiste elle-même.
Y sont rassemblés des articles de presse relatifs aux expositions
de l’artiste et l’ensemble des textes des catalogues.
De nombreuses diapositives et photographies documentent des installations
réalisées in situ, les différents ateliers à Paris,
les vernissages.
L’ensemble de ces archives a été réuni
sous la forme d’une base de données qui est proposée
au public à la fin de l’exposition.
Catalogue :
Sous la direction de Catherine Francblin.
Centre National des Arts Plastiques, Paris - Editions Isthms |