Les musées d’Angers et Expressions contemporaines,
avec le concours de la Fondation Hans Hartung-Anna-Eva Bergman
(Antibes), invitent trois personnalités de l’art contemporain à proposer
leur point de vue sur le pionnier de l’abstraction. Du 11
février au 28 mai 2006, l’exposition Hans Hartung
1904-1989 présentera dans trois salles du musée des
Beaux-arts 190 oeuvres de 1920 à 1989, dont 27 aquarelles
des années 20, très rarement exposées à cause
de leur fragilité à la lumière.
Trois commissaires d’exposition nous guident à travers
diverses approches d’une même problématique
: la couleur, l’expression, l’équilibre. Des
affinités, des coïncidences et des divergences nous éclairent
sur l‘ensemble de son oeuvre et permettent de mieux comprendre
la richesse de l’artiste Hans Hartung, chef de file de l’abstraction
lyrique après la seconde guerre mondiale.
La salle d’exposition temporaire accueille une approche
rétrospective de son oeuvre des années 1933 à 1989.
Pour cela, Vincente Todoli, Directeur de la Tate modern à Londres,
s’appuie sur l’ouvrage, Autoportrait, rédigé par
Hans Hartung en 1976 qui souligne ses principales phases créatrices
et les formes récurrentes qui traversent son oeuvre.
Anne Pontégnie, critique d’art et chargée
de mission pour la Fondation du roi Baudouin, a choisi d’explorer
la production d’oeuvres d’une seule année :
1973. Année déterminante pour le peintre puisqu’elle
correspond à sa nouvelle installation à Antibes.
Pour la première fois, il dispose d’une villa et d’un
atelier vaste et spacieux. Il a environ 70 ans, et travaille d’une
manière rigoureuse selon différentes techniques :
peinture, dessin, gravure et lithographie. Loin de se répéter
ou de se contenter d’exploiter un vocabulaire formel en place,
Hartung fait preuve, au cours des années 70, d’un
désir fervent de renouvellement et d’invention. Les
oeuvres seront exposées dans les salles du parcours Beaux-arts
consacrées à l’art contemporain.
Enfin, le cabinet d’arts graphiques accueillera les aquarelles
informelles des années 20. Patrick le Nouëne, Directeur
des musées d’Angers, a choisi des aquarelles abstraites,
proches du romantisme et de l’expressionnisme abstrait allemand,
mais aussi prémices de la spontanéité de son
geste qu’il développera vingt ans plus tard.
" Pour mes premières aquarelles abstraites réalisées à Dresde,
en 1922 (…) j’avais acheté une de ces petites
boîtes de couleurs à l’aniline plus pures et
plus intenses que toutes les autres, elles m’avaient inspiré une
série d’aquarelles abstraites. La tache y devenait
libre, elle s’exprimait par elle-même, par sa forme,
par son intensité, par son rythme, par sa violence, par
son volume. (…) "
(Source : Hans Hartung, Autoportrait, Grasset, Paris, 1976)