Commissaire : Raymond Bellour
Vernissage le vendredi 3 février à partir de 19h
« L'art de Thierry Kuntzel vient, revient de très
loin. De temps quasi immémoriaux qu'il s'agit d'éclairer
pour croire au moins les retrouver. Ils composent autant de "blocs
d'enfance". Des blocs de temps à l'état pur
autour desquels l'imagination tourne et qu'il faut éclairer
chacun selon leur lumière. Ainsi se forment des lumières
du temps (…). » Raymond Bellour
« Thierry connaît bien l'obscurité, l'obstacle
familier. La source noire, l'endroit que les yogi situent sous
le nombril, au creux de l'estomac. Le centre de gravité.
C'est son chant qu'il fait résonner dans ses œuvres.
Son pouvoir qu'il attire. Chaque œuvre parvient de l'autre
côté, en pleine lumière, c'est le testament
légué par la source, c'est sa force d'artiste. Certains
ont décrit la distance comme un "mur de douleur" auquel
il faut se heurter. "Dessiner, c'est creuser dans le mur métallique
invisible qui e dresse entre ce qu'on ressent et ce qu'on est capable
de faire" (Van Gogh). D'autres parlent de la "grande
boule du doute", la pratique zen, par exemple, à propos
des trois présences : "La grande boule du doute, la
grande racine de la foi, et la grande force de la ténacité".
Mais Saint Jean de la Croix – La Noche oscura, La Nuit obscure – demeure
le plus présent. Quelle qu'en soit la forme, c'est ce qui
donne à l'œuvre de Thierry Kuntzel une existence profonde,
enrac inée au-delà des confins de l'art contemporain,
et, plus encore, c'est son secret intérieur, celui qui gît
au cœur de sa création. Deux éléments
essentiels forment le noyau de l'œuvre de Thierry Kuntzel.
Ils sont complémentaires ; ils peuvent paraître contradictoires,
mais ils se soutiennent mutuellement pour former une unité fondamentale,
et, comme les deux moitiés d'un visage qui ne peuvent se
regarder, ils se complètent. Ce sont la Beauté et
la Douleur. »
Bill Viola