Pour
la première fois en France, l’exposition «Images
de l’Inconscient», présentée par la
Halle Saint-Pierre, montre la spécificité brésilienne
de l’art brut et souligne la dimension internationale de
cette forme d’art aujourd’hui en pleine reconnaissance.
Réalisées par des patients d’hôpitaux psychiatriques,
les œuvres présentées sont considérées
parmi les plus fortes de l’art brésilien contemporain.
Elles méritent d’être regardées du seul point
de vue de l’histoire de l’art, même si l’expérience
psychopathologique qui est venue croiser la démarche créative
de ces artistes a nécessairement laissé sa trace.
L’ histoire de l’art brut au Brésil ne peut être
dissociée du travail de la psychiatre Nise da Silveira qui, à l’époque
où Jean Dubuffet définissait l’art brut comme
le fait d’individus indemnes de toute culture, élaborait
un concept nouveau à Rio de Janeiro, celui d’images
de l’inconscient :
«
Un des moyens les moins difficiles que j’ai imaginé pour
accéder à l’univers intérieur des schizophrènes était
de leur donner la possibilité de dessiner, peindre ou sculpter
dans une totale liberté . Dans les images ainsi créées,
on trouve des autoportraits de situations psychologiques, des représentations
souvent éclatées et extravagantes mais qui restent
fixées sur le papier et la toile ou dans la terre. »
L’exposition s’articulera autour d’une sélection
d’œuvres provenant des deux musées les plus importants
d’art brut brésilien :
- Musée des Images de l’Inconscient, et les réalisations
obsédantes et profondément émouvantes de ses
artistes les plus représentatifs : Carlos Pertuis, Emygdio
de Barros, Fernando Diniz, Raphael Domingues, Darcilio Lima, Adelina
Gomes, Lucio, Octavio Ignacio…
Ces peintures et sculptures, riches de symboles et d’images
où se croisent des significations profondes, constituent un
langage archaïque, universel par ses origines.
- Musée Arthur Bispo do Rosario, artiste dont l’oeuvre
consacrée dans les circuits des Arts Plastiques au Brésil
a représenté son pays à la Biennale de Venise
en 1995 avant d’être accueilli au jeu de Paume à Paris
en 2003. Saisi par des délires mystiques grandioses, diagnostiqué comme
schizophrénique paranoïaque, Bispo do Rosario passait
des heures interminables enfermé dans sa cellule en transformant
de simples objets en emblèmes de rédemption du monde.
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