Après les expositions Fabriques du sublime et de Laurent
Montaron, La Galerie de Noisy-le-Sec
poursuit son programme sur les représentations de notre
rapport au monde.
Cosmogonies porte cette fois sur les relations que l'art entretient à l'infiniment
grand / l'infiniment
petit. Observé à des échelles extrêmes,
du microscopique au cosmique, le réel témoigne ici
d'une capacité d'abstraction qui rejoint le langage des
formes géométriques propre à la
science.
Les oeuvres de l'exposition, par leur géométrie,
renvoient autant à des structures cellulaires
qu'à des évocations cosmiques, transportant le visiteur
d'une échelle à l'autre.
Dans les photographies noir et blanc prises au Brésil d'Isabelle
Arthuis et dans la vue du
grand escalier de Chambord par Julien Discrit, le sentiment cosmique
provient de
l'observation d'éléments rééls, naturels
ou architecturaux. Les vortex cinétiques créés
artisanalement par Attila Csörgö peuvent, quant à eux, évoquer
des trous noirs, et répondre
ainsi à la sculpture rotative de Julien Discrit. En écho à la
morphogénèse qu'Attila Csörgö reconstitue dans son « Dodécaèdre »,
c'est aussi à travers ses formes les plus élémentaires,
additionnées ou multipliées à l'infini, que
Soyoung Chung conçoit le monde. Enfin, les
sculptures rhizomatiques colorées de Vidya Gastaldon et
ses paysages miniatures, réalisés
en collaboration avec Jean-Michel Wicker, sont comme autant de
microcosmes offertsà notre imagination.
Telles des « cosmogonies », évoquant les conceptions
que les civilisations antiques avaient
de l'univers avant les découvertes scientifiques, ces oeuvres
constituent une pluralité de
visions subjectives et imaginaires du cosmos, dans lesquelles construction
et chaos
s'interpénètrent pour donner forme à l'infini.