Né en 1975 À Mexico, Stefan Brüggemann
vit et travaille entre Londres et Mexico. Son travail est souvent
associé de manière réductrice mais pas forcément
infondée à l'héritage de l'art conceptuel et
de l'art de l’appropriation. Il s'intéresse au langage
et aux “mots qui deviennent des images”, questionnant
l'idée de transfert ou d'image de l'information. Le langage
devient une manière de se remémorer ou de refléter
l'événement. Les signes-images de l'artiste fonctionnent
comme des mémoriaux pour “réactiver le langage”,
créer des espaces imaginaires ou des expériences pour
le public, À travers le regard singulier et toujours nouveau
du spectateur.
«
SOMETIMES I THINK SOMETIMES I DON’T », « I CAN’T
EXPLAIN », « THIS IS NOT SUPPOSED TO BE HERE » :
souvent formulés sous forme de néons, les blocs de textes
de Stefan Brüggemann rendent le langage intensément visuel,
lumineux, presque éblouissant. Étrange paradoxe que celui
que manipule l’artiste, puisqu’il semble consister à rendre
visible des mots dont le spectateur ne peut a priori ni parler ni débattre
; les affirmations proposées étant comme étrangères à elles-mêmes.
La stratégie principale de Brüggemann, à travers
la diversité des matériaux et des médiums qu'il
utilise (néons mais aussi tags ou lettres adhésives ou
lettres en polystyrène), consiste à introduire une sensibilité “pop” dans
une démarche conceptuelle pour la rendre efficace.
Pour son exposition personnelle à la Villa du Parc, Stefan Brüggemann
a choisi de présenter primo une nouvelle série intitulée « SPECULATIVE
PAINTINGS » de peintures, graffitis et collages sur miroirs qui
rappellent et mixent certains modes opératoires de Michelangelo
Pistoletto (la phénoménologie du reflet) et Roy Lichtenstein
(le coup de brosse), secundo une nouvelle version du sériel « NONONONO » déjà produit
en mode néon, tertio une dizaine d’énoncés
cyniquement philosophiques, genre « TO BE POLITICAL IT HAS TO
LOOK NICE » ou « FROM ANYTHING TO ANYTHING IN NO TIME »,
systématiquement typographiés en lettres capitales Arial
Black, toujours rédigés en lettres adhésives,
lettres noires sur mur blanc, lettres blanches sur mur noir…
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