Conçue comme une suite à l’exposition
Dialogues (10 novembre 2007 - 6 janvier 2008), Interfaces adopte
le même parti pris sélectif et prospectif, invitant
quatre artistes d’expressions et d’horizons divers à investir
les espaces du Quartier. Trois d’entre eux, Isabelle Arthuis,
Julie C. Fortier et Sébastien Vonier, sont représentés
dans la collection du Frac Bretagne ; quant à Francesco Finizio,
récemment installé dans le Finistère, il propose
ici une première exposition personnelle en Bretagne.
Comme à l’accoutumée, la configuration du centre
d’art donne à chaque artiste la possibilité de
réaliser une exposition personnelle, d’articuler librement
leurs œuvres dont certaines produites pour l’occasion. Ce
qui les réunit, c’est un regard porté sur le monde
puis mis en partage par le biais d’un langage plastique dont
la maîtrise - en dépit de leur jeunesse, est évidente.
Malicieusement ils ont choisi d’inscrire au milieu du parcours,
dans un espace réduit, le lieu de leur exposition collective.
Francesco Finizio
né en 1967 à New York, vit et travaille à Plouzané
Francesco Finizio ouvre la manifestation avec une
méditation
sur l’identité à partir de la figure de Michael
Jackson. Un sujet à observer à bonne distance selon
l’artiste qui, à cet effet, propose un dispositif de
déambulation spécial, un promenoir faisant le tour
de la salle, elle-même recouverte d’une couche de terre
pour devenir, littéralement mais non moins paradoxalement,
un terrain d’étude.
Sébastien
Vonier
né en 1975 à Plœmeur, vit et travaille à Pau
La seconde salle accueille la double proposition
de Sébastien
Vonier, qui recourt, pour une œuvre nouvelle et de grande envergure, à l’un
des éléments de son vocabulaire plastique, la main
courante. Celle-ci se déploie dans l’espace comme le
dessin aérien d’un mésusage. Au mur, Vertice
Anayet, formalise une synthèse entre paysage et peinture abstraite.
Julie C. Fortier
née en 1973 à Sherbrooke, Québec, vit et travaille à Rennes
La salle de Julie C. Fortier fait irrésistiblement penser à une
scène ouverte, où les différents éléments,
la voiture surmontée d’un rocher, la projection vidéo
et la photographie (Blow Up) sont comme en attente d’un scénario
dont le visiteur serait le protagoniste. Jouant sur des registres
variés voire éloignés, du burlesque débridé au
dépouillement des paysages calmes et vides du Grand Nord,
l’artiste construit un monde à part, propice à l’imaginaire.
Isabelle Arthuis
née en 1969 au Mans, vit et travaille à Rennes et Bruxelles
Dans un corpus photographique qu’elle constitue depuis les
débuts de son travail, Isabelle Arthuis a fait le choix de
quarante et une images dont le principe sélectif est celui
de la couleur. Pour permettre une circulation du regard fluide et
continue, l’artiste a imaginé de les présenter
comme des affiches sur une surface courbe, sans début ni fin,
dans une sorte d’accrochage en boucle.
La succession de ces quatre monographies produit
un parcours contrasté et
dynamique dans lequel potentiellement des relations, voulues ou fortuites,
se nouent, Interfaces signifiant à la fois ce qui sépare
et ce qui réunit. L’exposition n’est-elle pas
aussi l’interface, cet espace-temps privilégié où l’artiste
et le public se rencontrent là où les œuvres ont
lieu ?
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