Modern©ité #3 fait suite à deux
expositions qui ont eu lieu respectivement en 2004 et 2006. La première édition
de Modern©ité réunissait quatre artistes (Yves
Bélorgey, Lisa Milroy, Karina Bisch et Damien Mazières)
qui chacun à leur manière ont fait de la ville et de
l'architecture le motif d'un travail pictural. À travers les
oeuvres de Francis Alys, Pedro Cabrita Reis, Marcelo Cidade, Jordi
Colomer et Anita Molinero, Modern©ité #2 dressait une
vision de la modernité étroitement liée aux
caractéristiques des villes, en particulier celles du sud
de l'Europe ou de l'Amérique latine et centrale.
Qu'avons-nous fait du projet Moderne et de son programme social ?
Quel regard peut-on porter sur les applications du Modernisme ? Comment
réinvestir cet héritage ? La question de la modernité,
de sa dilution ou de son abandon dans le paysage architectural d'aujourd'hui,
est au coeur du troisième volet du cycle Modern©ité.
Les artistes réunis dans l'exposition appartiennent à une
génération (jeune) qui n'a pas connu l'utopie sociale
portée par les avant-gardes architecturales des années
30 et 50. Ils ont grandi dans un paysage urbain majoritairement façonné par les
politiques urbaines et industrielles des années 1960-70, et assistent
désormais à la démolition de ces bâtiments.
Entre poétique de l'enfouissement et poétique de l'émeute, entre
ruine et monument, chacun d'entre eux relève les traces (les
symptômes) de cette modernité abandonnée, refoulée
ou transformée, mettant ainsi au jour les restes d'une époque qui
devient chaque jour un peu plus notre Antiquité. Jamais nostalgiques,
leurs regards qu'il soit poétique, romantique, scientifique,
ou ethnologique, nous parlent de la transformation des villes et du
paysage, de l'usage des formes à travers le temps, de la mémoire
et du présent. Ils font apparaître la figure du chaos
(le mouvement permanent) comme un des traits essentiels de notre époque.Au
temps linéaire et progressiste du modernisme ils opposent un
temps réversible, cyclique, où les époques se
heurtent plus qu'elles ne se succèdent. Pour une conception
anachronique de l'Histoire.
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