« C'est assez dire: abîme et satire
de l'abîme ».
L'exposition est un départ, un point, vers la conquête
d'espaces fragmentaires et faits d'entre-deux. Elle est faite de
passages, de trouées et de limites.
On pourrait se dire qu'une telle exposition voudrait réfléchir
la figure des Abîmes. Mais les abîmes, qu'est-ce que
c'est?
C'est un lieu inhabitable et indécis, entre le sans-fond et
le fond du fond. Un lieu que le langage ne clôture pas.
C'est une hypothèse. Il y en a une seconde.
Car si Les Abîmes ne nomment plus seulement ce que réfléchirait
cette exposition ou ce qui la compose - des objets, collages, néons,
photographies, peintures,
sculptures - mais le lieu de cette exposition, la galerie Lucile
Corty, alors on peut se demander si comme toute production, celle
des abîmes, disons, celle de l'abîme, ne vient pas remplir
ce qu'elle creuse. Ainsi, exposer Les Abîmes ce serait les
remplir, les combler, le comble de l'abîme.
Qu'est-ce qu'il reste? - Des restes.
Encore une fois, « c'est assez dire: abîme et satire
de l'abîme ».
Cette exposition à bénéficié de l'aide à la
première exposition du Centre national des arts plastiques
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