Pour sa première exposition personnelle à la
galerie frank elbaz, We’re treating each other just like
strangers., Meredyth Sparks présente une série de collages
figurant des musiciens célèbres. Elle scanne
ces objets trouvés – notamment des pochettes de disques
et des photographies – qui sont alors manipulés
digitalement pour effacer certaines parties. Une fois les images réimprimées,
Sparks procède à un collage
de papier aluminium et de paillettes. Ces matériaux apportent à l'image
leurs propres qualités
réfléchissantes ; le papier aluminium semble couper ou
déchirer la surface de l'image, alors que les
paillettes réfléchissent la lumière dans le champs
du spectateur. Cet acte construit efface les objets choisit,
tout en les imprégnant d’un narcissisme particulier.
La structure formelle des collages est réalisée au pochoir,
dans un processus où les parties du corps, les
ombres et les zones entre les figures deviennent des espaces négatifs
potentiels qui sont isolés et répétés.À
cela s’ajoutent des carrés et des cercles qui font se
rejoindre abstraction et figuration. En rejouant une
imagerie musicale, le collage altère la circulation culturelle
de ces images familières. Si le savoir est tout à la
fois formé, formulé et décrété par
les masses média et le prestige subversif associé à la
culture populaire, le
travail de Sparks encourage à prendre conscience de la séduction
même qui constitue la culture.
L’exposition compte plusieurs constructions de Plexiglass transparent
qui couvrent et, par une variation
d’échelle, encadrent des photographies. Une tension existe également
dans Untitled, une pièce composée
de deux dessins d’oiseaux découpés, l’un
posé au sol, l’autre suspendu par un fil. Un projecteur
dessine
l’ombre des oiseaux sur le mur. Par le mouvement fortuit de la
sculpture, l'oiseau flottant est balancé d’avant en arrière et, dans les ombres ainsi formées,
les deux dessins découpés semblent se rejoindre sur
un espace fantôme au mur.
Meredyth Sparks aborde une problématique semblable dans une
pièce en néon située sur le mur du fond
de la galerie et formée par le nom de l’artiste dont chaque
lettre est répétée plusieurs fois. Elle y affirme
tout
en le niant un des premiers néons de Bruce Nauman. Matrice et
source de lumière, My name as though it
were written on the surface of the moon glisse d’un objet concret à un
mot parlé, suscitant un "troisième
espace" créé par la réflexion et la lumière.
Sparks est particulièrement intéressée par la
manière dont la
pièce de Nauman évoque un espace "anti-gravitationnel" ou,
plus exactement, un non-espace, dans lequel
le nom se prolonge en suspension. Ici, My name... se réfère à l'identité spécifique
de Sparks, tout en
révélant une absence, où le désir de rencontre – tout
autant érotique qu’artistique et historique – et
met en
forme le rapport du spectateur à son travail.
Née en 1972, Meredyth Sparks vit et travaille à New York,
USA.
Principales exposition : 2007 Moscow Biennale, invited by Nicolas Bourriaud.
2006 We’re treating each other just like
strangers., galerie frank elbaz, Paris, (solo). Music is a Better Noise,
P.S.1, New York, curated by Bob Nikas. Thank You
For The Music (London Beat), Sprüth Maggers Lee, London. Deaf « from
the Audible to the Visible », galerie frank elbaz,
Paris. 2005 The Lords, Notes on Vision, Tart, San Francisco (two-person).
Sound Clash, PH Gallery, New York. 2004
First Look Photography, Sean Kelly Gallery, New York. 2003 It wasn’t
midnight. It wasn’t snowing, Hunter College Times
Square Gallery, New York (solo).
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