Vincent Mauger est un jeune artiste
né en
1976 à Rennes. Il a été accueilli pour une résidence de cinq mois à Rodez, d’août à décembre
2006.
Il présente ici le résultat d’un travail in situ
autour de quelques questions
simples : que garde-t-on en mémoire d’un lieu que l’on
a parcouru ou
habité ? Comment peut-on penser un espace – qu’il
soit réel, virtuel,
rêvé, ou simplement supposé ? Comment peut-on le
représenter en
deux ou en trois dimensions, en plan fixe ou à l’aide
d’images animées ?
Pour traduire des sensations, des impressions, des rêveries associéesà des lieux, Vincent Mauger utilise des modes d’expression
et des matériaux très divers : sculptures en brique,
en bois ou en carton,
gravure, vidéo… A travers des installations improbables
qui habitent
totalement les lieux pour lesquels elles sont conçues, il établit
une sorte
de concurrence entre l'espace réel et la représentation
que l’artiste en
donne.
L'idée de maquette est très présente dans sa pratique
mais il crée aussi
des univers purement virtuels à l’aide de logiciels informatiques
: ces«
espaces pensés », sans matérialisation véritable,
sont comme lesé
chos d'une vision mentale qu’il tente de nous faire partager.
Au musée Denys-Puech, il nous propose de parcourir avec lui
quelques uns
de ses « espaces supposés » en arpentant la salle
d’exposition ou
en nous laissant entraîner dans des paysages virtuels que l’on
peut
explorer du regard, lentement et longuement, comme si l’on voyageait
en compagnie de l’artiste.
Une grande structure blanche surgie du sol (Soulèvement de terrain
mettant à nu des couches géologiques anciennes ? Iceberg échoué ?
Maquette de ville imaginaire ?) occupe l’espace : on peut la
contempler,
en faire le tour, imaginer ses prolongements au-delà des murs
mais on
ne peut pas la parcourir. Elle reste en partie inaccessible. Un escalier
sans fin dont la maquette est posée, comme par hasard, quelques
pas
plus loin pourrait peut-être nous y conduire. Aux murs, d’autres
paysages
s’animent parfois…
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