vernissage jeudi 7 décembre à 18h30
en présence des artistes
Cette fois-ci, Mrzyk & Moriceau débarquent au Parvis,
le centre d’art contemporain situé en plein milieu du
centre commercial E.Leclerc Le Méridien, à la périphérie
de Tarbes au pied de la chaîne des Pyrénées.
Dans ce contexte atypique, voire anormal pour un centre d’art
contemporain, ils imaginent un personnage tout noir, genre « hardos
en boots avec un gros derrière » occupé à se
soulager contre le mur. On ne sait pas bien s’il urine ou s’il
vomit.
En tout cas, ça se répand au sol avec la même énergie
que le jet de Roberto Benigni dans Le Petit Diable et ça se
transforme en un dessin en anamorphose qui finit par envahir tout
l’espace horizontal.
Le visiteur est pris au piège de ce déluge métamorphosé en
chimère hallucinée faite à quatre mains.
On ne sait pas si le personnage de Mrzyk & Moriceau est pressé par
un besoin naturel ou s’il est malade. En tous les cas, il manifeste
un trop plein de quelque chose – liquide, nourriture…-
et a l’impudence de le restituer là où certainement
il l’a acquis, dans le temple de la consommation.
En réalité, rares sont ceux qui vomissent au supermarché.
Ils ne sont pas plus nombreux au centre d’art, mais cet un
lieu où aboutissent régulièrement des personnes égarées
dans le grand dédale de la consommation. Une partie d’entre
elles y cherche son chemin et une autre y cherche les toilettes qu’elle
imagine facilement trouver là, dans cette sorte d’abri
ouvert dont on peut avoir du mal à saisir la fonction. Ici,
on va enfin pouvoir comprendre ?
Ainsi, comme dans une grotte, il semble qu’on pourrait faire
au centre d’art des tas de choses tranquillement, et, pourquoi
pas, y laisser une trace… De l’organique à l’artistique
y a t’il plus qu’un pas ? Rappelons-nous l’Oraison
du Soir d’Arthur Rimbaud et, plus près de nous, Rodrigo
Garcia dans Jardineria humana ou les pièces de Jan Fabre.
Dans la partie qui nous occupe, on sait que les artistes préhistoriques
s’en servaient déjà de liant et, plus près
de nous, Marcel Duchamp utilisa un urinoir pour manifester qu’il était
temps d’arrêter de bricoler.
Et s’il s’agit simplement de marquer le territoire, nous
apprécierons mordante et humoristique de Mrzyk & Moriceau
qui, avec L’espion qui m’aimait, nous offrent une moderne
grotesque en guise de représentation du monde. A moins qu’ils
ne fournissent l’image à une ludique et piquante thérapie
sociale – en forme d’urine thérapie ? - .
Les artistes proposeront également dans l’exposition
le clip qu’ils terminent pour le chanteur Philippe Katerine
dont ils ont par ailleurs dessiné l’album 8ème
ciel.
Odile Biec
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