Dans
une scénographie conçue en étroite
collaboration avec William Klein, l'exposition propose un regard
rétrospectif sur son oeuvre entamé depuis plus de cinquante
ans, en confrontant photographies anciennes et récentes, maquettes
de livres, extraits de films, peintures, dessins, affiches, sélectionnés
en majeure partie dans les archives personnelles de l'artiste.
Photographe, cinéaste, graphiste, peintre : les qualificatifs
pleuvent lorsqu'il s'agit de désigner William Klein. Si ce
dernier est aujourd'hui avant tout reconnu comme photographe, il
s'est toujours attaché à brouiller les cartes : tour à tour
peintre – formé entre autres dans l'atelier de Fernand
Léger -, photographe (à partir de 1952, date de ses
premiers travaux abstraits), puis cinéaste (à partir
de 1958), Klein n'a cessé de défier les étiquettes
et de tenter de mettre au point de « nouveaux objets visuels », à la
frontière de la photographie, du cinéma et de la peinture.
Ses références culturelles nombreuses et très
diverses, de la peinture du Quattrocento à la bande dessinée,
du Bauhaus à Dada se retrouvent dans les genres nombreux qu'il
a abordés en un style clairement identifiable dont le cinéaste
Chris Marker disait qu'« il découpe la réalité en
Klein comme Van Gogh la découpait en Van Gogh ». Un
style qui atteste son goût pour une image brutale et heurtée
et dont l'esthétique a très durablement influencé les
générations suivantes.
Jouant de ces oppositions
et de ces contrastes, l'exposition du Centre Pompidou confronte
les diverses formes prises par son oeuvre.
Les maquettes originales de ses livres, comme les photographies abstraites
de ses débuts, sont exposées pour la première
fois, en regard des tirages originaux consacrés aux villes
: Moscou, New York, Paris, Rome, Tokyo.
William Klein qui participe
activement à l'élaboration
de cette exposition auprès, a en outre préparé de
nouveaux montages, à partir d'extraits de ses plus fameux
films comme Qui êtes-vous Polly Magoo ? (1966), Muhammad Ali,
the Greatest (1974), Mr. Freedom (1967-68)…
Cette exposition est enfin
l'occasion de redécouvrir ses
célèbres images de mode, des travaux graphiques, et
ses « Contacts peints », pratique plus récente
dans son travail dont une série de très grande dimension
a été spécialement produite par le Centre Pompidou
pour cette exposition. |