La galerie Lara Vincy présente la seconde
exposition personnelle de Bartolomé Ferrando à Paris,
la première (mars-avril 2001) opposait signe d’écriture
et objet usuel.
« Cette exposition de poésie visuelle et poésie
objet est un tissu de fragments d’écriture, de voix,
de musique, d’images et de pensées qui traversent le
temps. Le discours en décomposition laisse uniquement entrevoir
des petits territoires de lettres et d’images entourées
de noir. Objets mâchés par la voix qui ont l’odeur
du langage. Le regard pose son pied sur un point et saute sur une
surface pleine de mots-pierres. Mots sans mots qui crient, chuchotent,
respirent ou restent muets et nous regardent, entourés de
silence. Bruits sphériques. Grains de parole. Ruines de lumière.
Les mots ouvrent leurs corps. La voix se déchire et s’enfonce
dans un terrain inconnu sans prendre racine. Voix nue sans peau.
Moëlle du cri. La poésie visuelle envahit la parole des
images, qui, à leur tour, traversent le poème. Une
poésie visuelle sans paupières qui montre son éventail
ouvert de fentes et de noeuds. »
Bartolomé Ferrando, 2005
L'objet nous interpelle avec un langage inhabituel;
il nous montre sa face cachée qui recèle un son muet qu'il nous est
permis d'entendre, alors que le poème visuel, lui, construit
son architecture à partir de sa propre décomposition,
de sa propre déstructuration et de ses propres déchets;
structures entourées de blanc, d'espace, de corps noir. Objets
et structures trouvent une spécificité en dehors de
toute représentation; l'objet usuel explore le corps d'un
autre objet qui lui était étranger, alors que le signe
d'écriture isolé se mélange parfois avec des
images d'un autre territoire. L'un et l'autre ont la caractéristique
de nous inviter à lire d'un coup d'œil fulgurant. L'un
et l'autre nous montrent un seul fragment, une insignifiance. L'un
et l'autre nous ouvrent un espace là où il n'y en avait
pas, espace compris entre des yeux qui peuvent entendre et des oreilles
qui peuvent regarder
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