Debout, j'avais de l'eau jusqu'à l'estomac.
Je voyais mes jambes jaunâtres dans l'eau, les deux pieds dans
le sable, le tronc, les bras et la tête au-dessus de l'eau.
[...]
Je recommençais à nager. Le ciel était immense,
il était pur, et j'aurais voulu rire dans l'eau.
Georges Bataille, La Genèse 7.11,17,19
Le mythe du déluge, histoire universelle, renvoie au cycle
perpétuel de la mort et de la renaissance. Le projet de Guillaume
Aubry orchestre la perturbation hors norme de l’espace pour
rejouer ce cataclysme et révéler la précarité insoupçonnée
des structures physiques, institutionnelles et psychologiques. Le
déchaînement des éléments, inattendu ou
provoqué, dramatique ou salvateur, mais toujours extrême,
réactive le trauma collectif du schisme entre plaisir et danger.
Le spectateur arrivant sur la scène de la catastrophe s’interroge
alors : « Avant moi le déluge ?».
Faisant référence à l’histoire mythique,
le projet didn’t it rain? de Guillaume Aubry prend la forme
d’un dispositif évolutif et participatif. La trame narrative
est réécrite par les actions de six acteurs dirigés
par l’artiste et articulée autour de quatre moments/tableaux
: le Dîner, la Pluie, la Panique et la Piscine.
Est-ce une exposition, une installation, une performance,
une pièce
de théâtre, un rituel? didn't it rain? est un projet
site-specific qui bouleverse l'architecture du lieu et inverse le
déroulé temporel de l'exposition : deux semaines de
montage qui se termineront par un vernissage-finissage, le mercredi
15 avril 2009. L'espace sera ouvert durant tout le déroulement
du projet. Le public sera invité à venir assister à l'évolution
du montage et à la mise en place des quatre tableaux.
«
Guillaume Aubry fait du récit du déluge presque un
mythe étiologique de l'architecture. Un paysage sinistré,
mais vivant et en devenir, et plutôt que l'image du fléau
biblique, une rêverie babylonienne, une apologie de la hardiesse
et de la jouissance, et une invitation insouciante à la reprise
du festin. » (Alessandra Sandrolini, commissaire associée)
Guillaume Aubry (1982) a d'abord étudié l'architecture à Lille,
Paris et Tokyo, puis travaillé à Pékin, en Mongolie
et à Paris avant d'orienter son travail vers l'art contemporain.
Il a récemment exposé à Paris à La Générale
de Sèvres (3e PLANETE), à la Galerie Miss China (Centrifuga),
ainsi qu'à la Yerevan Artists Union en Arménie (Diagnosis/Interdiagnosis)
ou encore à LaSalle à Singapour (TheLaLa). Il est actuellement
résident du programme de recherche La Seine de l'ENSBA à Paris
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