CAMOODI
Les Sud-Amérindiens appelaient l'anaconda camoodi, yakumama
ou jibóia. Les colons espagnols d'Amérique du Sud l'appelaient
matatoro, le tueur de taureau.
Le serpent incarne le psychisme obscur, ce qui est rare, incompréhensible,
mystérieux. Il symbolise la nature. En effet, les enfers et
les océans, l’eau et la terre profonde ne forment qu’une
matière première, une substance primordiale, qui est
justement celle du serpent. Ainsi le serpent est-il lié à la
froide, gluante et souterraine nuit des origines. Tous les serpents
forment ensemble une unique multiplicité primordiale qui ne
cesse de se détériorer, de disparaître et de renaître.
Il symbolise donc la vie. La vie des bas-fonds doit précisément
se refléter dans la conscience diurne sous la forme d’un
serpent. Le serpent visible n’apparaît donc que comme la
brève incarnation d’un grand serpent invisible, causal
et atemporel, maître du principe vital et de toutes les forces
de la nature. L’espèce rampante est en relation avec les
idées de ciel, d’univers, de nuit des origines, de matière
première, d’axe du monde, de principe vital, de vie, de
vie éternelle même, d’énergie sexuelle ou
spirituelle. Il y a du serpent dans l’homme et, singulièrement,
dans la part de celui-ci que son entendement contrôle le moins.
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