La Galerie
Paul Frèches est heureuse d’annoncer
la première exposition personnelle de Matthew Stone
(1982 - ) en France, qui se tiendra du 23 avril au 30 mai et inaugurera
une saison tournée vers la scèneé
mergente anglaise : un « London calling » relayé par
Florence Ostende dès juin, commissaire de la
deuxième « CoExpo ».
Des événements (rencontres, salon… ) viendront
compléter les expositions : informations disponibles
ultérieurement.
Le so British Matthew Stone, plasticien, dj issu d’une scène
underground hyper dynamique d’artistes et « créatifs » du
sud de Londres,
pose au centre de sa pratique l’être-ensemble, que ce soit
dans des photographies, films, écrits, ou dans le cadre de performances,
happenings, lesquels ont contribué à façonner
une véritable légende urbaine autour de sa personne (ces événements
ont réuni
jusqu’à 2 000 personnes !). De ce vif intérêt
pour l’autre découle une oeuvre hybride, transhistorique,
transculturelle,
symptomatique d’une époque « connectée ».
Citant le Caravage (entre autres), ses photographies présentent
quasi systématiquement des groupes ou des portraits de jeunes
gens
dans des attitudes lascives, quasi extatiques, que des jeux de clair-obscur
modulent avec théâtralité et font se détacher
d’un fond
noir. Le temps semble s’être arrêté et le
décorum ne permet guère de situer la scène. Les
protagonistes des photographies comme
les participants des performances sont le plus souvent des amis de
l’artiste ou bien des anonymes, issus du public. Car au royaume
des formes, les apparences sont souvent trompeuses, et ce dandy à la
superficialité feinte, très warholienne, n’est
pourtant pas snob.
Au contraire. Il propose une forme collective, ouverte. Attitude l’inscrivant
dans une catégorie d’artistes qu’une logique élitiste
inhérente à l’art pousse à réagir
en proposant une alternative. Politique. En l’occurrence, positive,
l’optimisme cimente ici la
démarche. Et optimisme n’est pas candeur pour ce pince-sans-rire
qui manie l’humour jusque dans ses citations baroques. Mais
rébellion. De nouveau, les apparences trompeuses. L’esthétique
du pastiche historicisant, romantique, pourrait donc masquer cette
volonté de rupture pour celui qui ne s’arrête qu’à la
surface des choses : une énergie, mais à contre-courant. Énergie
qu’il diffuse,
répartit, tente d’équilibrer à la manière
d’un shaman – le spectre de Joseph Beuys n’est jamais
très loin – se positionnant en chef
quasi spirituel, Matthew Stone guide, dynamise, ritualise, et assume
sans ambiguïté la part intuitive de son OEuvre.
Depuis un an, chaque semaine Matthew Stone tient salon : Interconnected
Echoes. Les discussions se concentrent justement sur les
alternatives, les possibles : « Le salon était au début
un lieu où je pouvais poursuivre des conversations initiées
en boîte de nuit.
Aujourd’hui, nous parlons du futur et de ce que nous devrions
faire en tant qu’artistes (…) Il s’agit d’un
processus organique, qui
fonctionne en continu, une élite que chacun est susceptible
de pouvoir rejoindre » (extrait de l’entretien avec Ana
Finel Honigman,
Saatchi-gallery.co.uk). L’important étant d’essayer.
L’aspect communautaire n’est d’ailleurs pas sans
rappeler les expériences des 60s,
70s. La Factory. Car, là aussi, l’héritage de Warhol
est palpable, voire revendiqué. Et ce qui l’intéresse,
c’est précisément la
construction du « produit culturel », le mythe, qu’il
s’amuse à démonter, questionner dans ses oeuvres,
utilisant une multiplicité de
media au sein desquels l’image a toute son importance.
En 2009, Matthew Stone sera le directeur artistique d’une adaptation
au théâtre de la pièce du tragédien Heinrich
von Kleist,
Penthésilée (1807).
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